L'histoire :
En 1962, le Brésil gagne la coupe du Monde de football et remporte ainsi le trophée Jules Rimet, représentant une femme-ange surmontée d’un calice. Mais 4 ans plus tard, c’est l’Angleterre qui doit accueillir la compétition. Le Brésil remet donc le trophée au président de la fédération anglaise de football, Joe Mears, afin que la Reine Elizabeth II puisse l'offrir aux vainqueurs à l’issue de la compétition. Joe Mears est très fier de pouvoir disposer du trophée en avance mais… il ne se rend pas bien compte de la responsabilité qui lui incombe de le protéger. Il accepte notamment qu’en attendant le début de la compétition, celui-ci soit exposé lors d’une exposition philatéliste. Il voit là une double opportunité : d’un côté, la mise en valeur du trophée ne lui coûte rien ; d’un autre, sa sécurité est prise en charge, il se décharge de sa responsabilité en cas de pépin. Le président de la société philatéliste lui promet d’ailleurs un encadrement par 5 gardes en uniformes et en armes. C’est ainsi que le dimanche 20 mars, peu avant midi, un individu en trench-coat entre pour une visite 10 minutes avant la fermeture du Westminster Central Hall, au moment où les gardes effectuent leur rotation. Les couloirs sont vides, il en profite pour passer derrière la vitrine du trophée, dévisser la plaque, emporter la coupe du monde dans la poche intérieure de son trench-coat et ressortir tout simplement par là où il est entré…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
C’est authentique : le 20 mars 1966, soit quatre mois avant la Coupe du monde en Angleterre, le trophée Jules Rimet, également appelé « la Victoire ailée », sculptée par le français Albert Lafleur, est dérobé à l’occasion d’une exposition philatéliste au Westminster Central Hall. Le trophée est retrouvé 7 jours plus tard, par un chien nommé Pickles, enveloppé dans du papier journal dans un buisson d'un jardin de Londres. Le voleur, un intermédiaire qui se faisait appeler « Jackson », a été arrêté et incarcéré 2 ans pour ce larcin… sans qu’on ne sache vraiment trop qui était le réel commanditaire et ses motivations. C’est ce chapardage classique et basique, raconté de manière toute aussi simple, que nous propose Bruno Bazile dans ce one-shot autonome de la collection L’heure H des modestes éditions du Tiroir. Sans effets de manche, ni trop de dialogues, à l’aide d’une narration claire et linéaire, ainsi que du trait humoristique qui caractérise sa griffe, l’auteur s’en tient aux faits, légèrement romancés pour ajouter du rythme et de la tension (quand le voleur se sauve avec la rançon). Cet album sort judicieusement au moment de la coupe du monde 2026… soit pile 60 ans après cette truculente affaire policière.