parution 01 septembre 2008  éditeur Futuropolis  Public ado / adulte  Thème Fantastique - Etrange

Aux heures impaires

Au Louvre, à la nuit tombée et aux heures impaires, les oeuvres d'art sont libérées... Bastien, un jeune stagiaire sourd et muet assiste à ce bien singulier ballet. Un récit fantastique au musée, pour apprendre à mieux regarder.


Aux heures impaires, bd chez Futuropolis de Liberge
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Futuropolis édition 2008

L'histoire :

Bastien à rendez-vous au Louvre. Ce jeune sourd doit y obtenir un stage au service éditorial pour valider son cursus de formation. En attendant l’heure de l’entretien, il mange religieusement un sandwich devant une œuvre de Géricault. Mais un employé zélé intervient pour lui rappeler l’interdiction formelle de se restaurer dans l’enceinte du musée. Bastien tente de convaincre le gardien qu’il n’est pas un visiteur lambda mais qu’il est ici pour une entrevue. Plutôt que d’essayer de comprendre le jeune homme, l’agent du Louvre demande une intervention du service de sécurité pour chasser le malotru. Bastien furieux prend la tangente, bien décidé à ne plus remettre les pieds dans cet endroit hostile. Son regard est pourtant bientôt attiré par un étrange personnage, un autre gardien du musée sourd tout comme lui. Il s’agit de Fhu Zhi Ha, chargé de veiller sur le musée la nuit. Il propose à Bastien de l’accompagner le soir même dans sa mission. Notre ami est ravi d’avoir trouvé lui même un stage et surtout de pouvoir faire quelque chose qui lui plait. Ce n’est pourtant pas l’avis de sa compagne qui imaginait pour lui un tout autre emploi : un job en costume-cravate, un truc sérieux quoi ! A 23 heures précises, le vieux chinois et son jeune apprenti se retrouvent au musée pour une première leçon. Le gardien confie à Bastien le secret objet de leur mission : aux heures impaires, ils libèrent les œuvres d’art en un rituel précis. Ils soulagent ainsi leur âme fragile et torturée, remplie de la souffrance de leur créateur. Habituées à être uniquement « consommées » par le public, qui prend réellement soin de leur souffrance ? Et la danse hystérique et violente, à laquelle elles se livrent dans ces moments-là, conduisent nos gardiens des heures impaires aux frontières de la folie…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Après Nicolas de Crécy et Marc-Antoine Mathieu, c’est au tour d’Eric Liberge de sceller le partenariat d’un des plus prestigieux musée du monde et de la bande dessinée au sein d’une prestigieuse collection. Objectif à atteindre : créer une passerelle entre ces 2 mondes à priori étanches, pour permettre aux familiers de chaque univers de se promener avec envie dans l’autre. Pour ce faire, chaque artiste qui signe dans la collection à carte blanche et, ici, Éric Liberge en utilise le recto verso. Graphiquement d’abord, on assiste à une réelle immersion dans le musée, où l’on voyage parmi les œuvres avec beaucoup de facilité. La reproduction minutieuse et photographique de certaines d’entre elles y est pour beaucoup. On retrouve le travail minutieux du dessinateur, même si parfois la superposition des techniques et la colorisation peuvent paraître déroutantes. Ensuite, et c’est là le point fort de l’album, le scénario mêle avec intelligence plusieurs niveaux de lecture : une réflexion plutôt avisée sur notre perception de l’art, au travers du respect des œuvres ; une approche sensible des difficultés à être différent. Un coup de chapeau, en particulier, pour avoir réussi l’intégration de la langue des signes dans son ouvrage et mis un coup de projecteur sur l’univers si particulier des malentendants (l’auteur a un frère sourd). Enfin le côté fantastique de l’intrigue (le décor des musées y est naturellement propice) unit parfaitement graphisme et récit (même si le final est moyen…). Une bien belle collection que voilà ! A suivre donc et rapidement s’il vous plait, puisque Jean-Claude Carrière et Bernar Yslaire devraient plancher prochainement…

ISBN 9782754801683