parution 08 février 2012  éditeur Glénat  Public ado / adulte  Thème Sentimental, Historique

Congo-Océan

En 1934, un couple illégitime tente de fuir le tyrannique chantier de construction de la ligne ferroviaire Congo océan. Une superbe fresque africaine, romanesque et tragique !


Congo-Océan, bd chez Glénat de Marro, Malnati
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Glénat édition 2012

L'histoire :

De nos jours, dans un train de voyageur, un contrôleur congolais s’étonne qu’un passager voyage avec un calao, un oiseau rare d’Afrique, dans une cage recouverte d’un drap. Une fois le contrôleur passé, l’homme se met alors à raconter à son petit-fils la jeunesse tourmentée de Mamy Calao – sa mère à lui – au Congo, en marge de la construction du « Congo-Océan », une ligne de chemin de fer reliant Brazzaville à Pointe-Noire. En 1934, Lisa Tréchault, fille unique d’un puissant négociant colonial, est en effet au terme de sa grossesse dans la brousse congolaise. Elle a forcé John Attaway, un homme de son père, à l’accompagner pour photographier des calaos en milieu naturel. Tapis dans les fourrés, ils observent un mâle en train de nourrir sa femelle, qui nidifie, enfermée dans un tronc d’arbre. Soudain, un coup de feu : John Attaway a flingué le calao. Sans lui, sa famille va mourir. Affligée et choquée, Lisa semble alors voir et entendre un inconnu qui écoute une douce musique provenant d’un phonographe. Elle fait un malaise et perd les eaux. John la reconduit donc en toute hâte à la propriété, où elle accouche d’un beau bébé. Son père est en rogne, comme toujours : c’est un homme très violent. Cette escapade a failli compromettre le mariage qu’il a arrangé avec Walter Robbes, père de l’enfant, et odieux fils d’un propriétaire de mines de diamants. Lisa ne veut pourtant pas de ce mariage…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

A travers cet épais one-shot, Loïc Malnati livre une belle fresque à la fois exotique, romanesque, naturaliste et tragique, en tant qu’auteur complet (avec l’aide d’Olivier Marro au récit). Le contexte historique est celui de la colonisation et plus précisément de la construction du « Congo Océan », une ligne de chemin de fer reliant Brazzaville à Pointe-Noire. Evidemment, à l’époque, les colonisateurs (français) ont tyrannisé une main-d’œuvre locale gratuite, réduite en esclavage : d’après Albert Londres, 17 000 personnes ont péri le long des voies, de fatigue ou d’exécution. Le récit ne se prive donc pas de montrer cette cruauté, notamment au travers de Charles Trechault et Cecil Robbes. Au milieu de cette entreprise inhumaine, un jeune homme musicien et une jeune femme romantique ont la mauvaise idée de s’aimer… et évidemment, tout cela tourne au drame. Mais le récit s’appuie sur bien plus de subtilité que le schéma commun qu’on peut en faire, notamment en usant de métaphores poétiques (la femelle calao enfermée…), de légendes locales (le calao qui insulte les hommes) et d’un joli savoir-faire en termes de narration graphique. C’est en effet aussi l’occasion pour Malnati de tester un nouveau style graphique, sur 128 pages : un dessin aux contours gras, d’égales épaisseurs, qu’il appelle « le dessin en puissance », rehaussé d’aplats de couleurs. On n’est toutefois pas totalement convaincu par ce parti-pris appliqué à un trait semi-réaliste : à la manière d’une bonne grosse myopie, cela noie les détails des choses ou personnages lointains. Sa régularité exemplaire et les forces romanesque et tragiques du récit permettent toutefois de passer un très bon moment de lecture.

voir la fiche officielle ISBN 9782723486941