parution 19 février 2020  éditeur Glénat  Public ado / adulte  Thème Historique

Dans les eaux glacées du calcul égoïste T2

La fin de l'âge d'or

Alors que le film de Bunuel avance, Virgil devient dépendant de la Comtesse Marie-Laure de Nouilles. Il hésite, retarde l’inéluctable. Mais l’extrême droite va finir par frapper ce petit monde rêveur… Fin d’un diptyque envoûtant.


 Dans les eaux glacées du calcul égoïste T2 : La fin de l'âge d'or (0), bd chez Glénat de Hamelin, Erbetta
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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©Glénat édition 2020

L'histoire :

Aux studios Billancourt, l’Âge d’or, le film pas encore réalisé et déjà détesté, avance. Bunuel s’échauffe mais progresse. Virgil de la Roche, lui, devient dépendant de la vicomtesse. Marie-Laure l’a envoûté alors qu’elle représente tout ce qu’il déteste. Elle le renseigne sans le savoir. Il a ses espions sur les plateaux, où Bunuel a invité Max Ernst à jouer et Eduard à narrer l’histoire, alors que Marie-Laure essaie de mettre Nathalie mal à l’aise. Ou de la séduire ? Elle harcèle la jeune femme en lui disant du mal de Cocteau, de sa légèreté, de son homosexualité… Elle s’amuse aussi de Virgil, qu’elle traite comme un petit chien de compagnie. Lui ne ressent plus rien, même pas de honte et se laisse trimballer de magasin en magasin, comme un bibelot. Bunuel, lui, refuse l’invitation des studios américains malgré l’intervention de Charles. Le tournage arrive à son terme, mais Virgil ne se résout pas à en informer la préfecture…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Deuxième et dernier tome de ce diptyque qui a pour cadre les années folles. C’est une période incroyable, où vont se côtoyer l’inventivité la plus folle, avec les surréalistes notamment, mais aussi les écrivains américains de la « génération perdue », Fitzgerald, Miller et Hemingway. Cette époque connaîtra aussi la montée des individualismes, nationalismes, racisme et antisémitisme… Les mondes s’entrechoquent violemment et se perdront dans l’horreur de la deuxième guerre mondiale, du collaborationnisme et de la Shoah. Le romancier Lancelot Hamelin réussit à confronter deux de ses mondes, celui du surréalisme et des réactionnaires antisémites dans cet album aux allures décadentes. Si le contexte est toujours captivant, l’inéluctabilité de l’affrontement fait que le lecteur est moins oppressé par le suspense. Le personnage du narrateur, Virgil, est aussi moins violent, anesthésié qu’il est par les agissements de la vicomtesse de Nouilles. Ce personnage est fascinant, à la fois manipulatrice et victime de ses pulsions, amoureuse de son mari et attirée inexorablement par de la Roche et Cocteau, parfaits contraires mais qui se retrouvent dans les fumeries d’opium. Le dessin est toujours aussi magnifique. Luca Erbetta, qui œuvre en couleurs directes, livre un dessin réaliste plein de grâce et de volupté. Le résultat final est beau et désenchanté, vibrant et triste comme le regard de Cocteau.

voir la fiche officielle ISBN 9782344012352