L'histoire :
En 1941, le jeune capitaine français Gérard Bonaventure pilote un avion de la Royal Air Force britannique au-dessus des Pays Bas, lorsqu’il se retrouve pris pour cible par la Luftwaffe allemande. Il a le temps de s’éjecter en parachute de son appareil en feu, mais à l’atterrissage, il est « cueilli » par trois soldats nazis. Il est transporté en compagnie d’autres prisonniers vers un premier camp. Or sa propension à tenter de s’évader dès sa première nuit lui vaut un transfert immédiat vers une prison de haute sécurité, réservée aux officiers : le château de Colditz. Bonaventure découvre cet impressionnant bâtiment qui n’a pas besoin de barbelés, puisque ses fenêtres donnent sur un précipice de 75m. En outre, la garnison est nombreuse, qui surveille des officiers de plusieurs nationalités : polonais, britanniques, belges, hollandais, yougoslaves et… français ! Dès ses premiers pas dans cette prison relativement confortable – les bases de la convention de Genève – Bonaventure prend un maximum de repères visuels. Il saisit même la première opportunité qui se présente pour s’accrocher et se cacher sous le châssis d’un camion. Mais il est aussitôt repéré. Il écope d’emblée de 3 semaines d’isolement, après quoi il aura le droit de rejoindre le quartier français. Le balafré lieutenant Wagner, officier de sécurité de Colditz et joueur d’échecs, lui propose une partie à base d’évasions et de récupérations…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
L’authentique château de Colditz, en Allemagne de l’Est, a servi de camp de prisonniers réservé aux officiers alliés (Oflag) pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était réputé pour sa haute sécurité et l’impossibilité de s’en échapper. Cette notoriété a logiquement nourri deux fictions télévisées : Colditz en 1972, et Colditz, la guerre des évadés en 2005. C’est autour de l’ambiance et du propos de ces feuilletons romanesques que le scénariste espagnol Salva Rubio a bâti ce diptyque en BD, qui aurait très bien pu appartenir à la collection concept La grande évasion de Delcourt (2012-2014)… si le récit avait été plus court. Ce premier opus riche en rebondissements fait en effet 88 planches, parfaitement prenantes et divertissantes. Presque « trop » divertissantes, par leur propension à faire passer la seconde mondiale pour un jeu infantile : les facétieux et rusés prisonniers français cherchent à s’évader de centaines de manières possibles, tandis que leurs geôliers allemands, qui ont de sales bobines mais ne sont pas franchement méchants, cherchent à les attraper. C’est si fun, finalement, la guerre ! Cela dit on ne s’ennuie pas dans ce premier tome et on prend beaucoup de plaisir au travers du dessin semi-réaliste d’accès grand-public de son compatriote Jandro (aka Alejandro Gonzalez). Un épais dossier spécial final revient sur l’intention narrative et le contexte historique.