L'histoire :
1939, le temps est à l’orage en Europe. Rien ne semblait pouvoir arrêter la vague de feu et de sang qui allait déferler sur le monde. A cette même époque, c’est la grande épopée des grands prix automobiles. Deux constructeurs partagent le même surnom : les flèches d’argent. Mercedes-Benz et Auto Union monopolisent les victoires dans une féroce rivalité qui se manifeste autant sur la piste que sur les tables à dessin des ingénieurs. Avec une conception et une construction de type aéronautique, les flèches d’argent sont un concentré d’innovations bien en avance sur leur temps. En plus des épreuves de championnat, les deux marques se lancent dans une formidable course aux records de vitesse en utilisant des versions carénées de leurs voitures les plus rapides. Ces machines représentent non seulement le pinacle de la technologie, mais aussi tout un régime qui en fait un puissant outil de propagande...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Aux portes de la guerre, le sport automobile est un moyen pour le régime nazi d’afficher sa domination technologique et sportive. Il s’agit d’inspirer l’admiration mais également de susciter un sentiment de crainte. Mercedes-Benz et Auto Union (Audi), les flèches d’argent, sont à l’époque les symboles de cette suprématie dans le sport automobile. Dans ce one-shot, les auteurs donnent la parole à l’italien Tasio Nuvolari (Auto Union) qui est engagé dans le grand prix de Bulgarie en 1939. Avant la compétition, on perçoit dans les coulisses les enjeux de cette course qui se déroule dans un contexte géopolitique sous pression. Aux côtés de Tasio Nuvolari, on vit de l’intérieur les rebondissements de ce grand prix intense et épique. Cet album décrit avec subtilité et intelligence le poids de la propagande politique sur une compétition sportive internationale. Il règne une tension permanente avant et pendant la course. Les protagonistes vocifèrent, les machines vrombissent, le tout avec le bruit des bottes sur le pavé en arrière-plan. Graphiquement, on est pleinement immergé dans l’ambiance avec une colorisation aux dominantes rouge et noir qui donnent une réelle intensité au récit. Youssef Daoudi et son dessin réaliste donne une ambiance intense ; ses personnages sont très expressifs et les bolides poussés au maximum de leurs capacités.