L'histoire :
A la suite d’une mammographie de contrôle, Marion découvre qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle est prise en charge à l’hôpital Gustave Roussy, à Villejuif, un centre où sont mises en œuvre les technologies les plus avancées en matière de soins. Après plusieurs examens, imagerie et ponction, le diagnostic est posé en quelques heures. Marion subit d’abord une mastectomie avec reconstruction mammaire en une seule intervention. Elle entame ensuite une chimiothérapie afin de détruire les cellules restantes. Au cours de son traitement, elle rencontre plusieurs patients. Parmi eux, Nour. Il en est à sa troisième chimiothérapie. Il lui parle du programme Interception, permettant de détecter certains cancers très tôt, avant l’apparition même de symptômes. À la cafétéria de l’établissement, elle fait la connaissance de Julia et de son père, Grégory. Julia est atteinte d’un handicap moteur et a perdu la vue à la suite d’une tumeur cérébrale. Marion croise également Alexis, chercheur en médecine au sein du centre, qui travaille sur la résistance de certaines cellules aux traitements. L’hôpital abrite un biocluster de 100 000 m² dédié à la recherche, lauréat du plan France 2030, avec 100 millions d’euros investis par l’État. Les chercheurs de Villejuif collaborent avec des équipes du monde entier, chaque centre apportant son expertise dans des programmes communs. Avec Nour, Marion s’inscrit à un programme de danse, proposé dans le cadre des soins de support, afin de se reconnecter à son corps. Après la chimiothérapie, elle suit une hormonothérapie. Puis vient l’après : une phase complexe, où il faut réapprendre à faire confiance à son corps et à vivre autrement. L’ancienne vie ne convient plus, les attentes ont changé, et un nouveau chemin s’impose. Peu à peu, naît aussi le besoin de s’engager auprès des autres, à son échelle.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cette bande dessinée nous plonge dans les coulisses de l’hôpital Gustave Roussy. À travers le parcours de Marion, mais aussi ceux de Nour, Grégory, Julia ou encore du chercheur Alexis, le récit croise différents regards : celui des patients, des proches, des soignants et des chercheurs. L’ouvrage se présente avant tout comme une véritable ode à ce centre d’excellence. Il met en lumière ses méthodes, ses avancées technologiques et son engagement dans le soin comme dans la recherche. Cette dimension est d’ailleurs renforcée par un guide en fin d’ouvrage, qui revient sur l’histoire du centre, ses services, ses travaux scientifiques et propose plusieurs témoignages. La lecture se révèle ainsi particulièrement instructive, permettant de mieux comprendre l’environnement médical qui entoure les patients atteints de cancer. Néanmoins, le récit reste très centré sur ce lieu précis. Si la fiction s’appuie sur des témoignages réels, elle ne s’attarde pas profondément sur l’intimité ou le quotidien des personnages. On se situe davantage dans un docu-fiction, où la dimension documentaire prend le pas sur la narration. Le graphisme numérique, aux traits ronds et doux, vient toutefois contrebalancer cette distance. Il parvient à faire ressortir les émotions et à humaniser les personnages, tandis que les couleurs, délicates, apportent une certaine légèreté malgré la gravité du sujet.