parution 30 novembre 2011  éditeur Glénat  collection Les intégrales
 Public ado / adulte  Thème Mondes décalés

Le Pont dans la vase

(intégrale)

Réédition d’une œuvre unique en son genre. Un incroyable mélange d’onirisme et de critique sociale. Une BD fascinante et dérangeante à la fois.


Le Pont dans la vase, bd chez Glénat de Chomet, Chevillard, Zaza, Langlois, Gale
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Glénat édition 2011

L'histoire :

L’Anguille : Le monde est considérablement réduit à cause de la vase qui a pris le dessus sur les habitations. Subsistent encore quelques habitants et des vestiges de l’ancien monde. Les pièces d’époque sont devenues des Antiquités et l’Académie de Sciences et d’Elucidation Universelle tentent de trouver une utilité à ces objets « antiques ». La jeune Camille Park n’est pas promue dans l’Académie, car ses idées neuves et son franc-parler ne plaisent pas aux Doyens scientifiques. Rejetée et pleine d’amertume, elle va vivre avec son oncle Mungo Park, un ancien paria de la science, dans une taverne minable « Chez Dumas » où l’on donne des spectacles de théâtre et de mimes à des miséreux. Camille devient l’Anguille, une chanteuse vulgaire de cabaret. De jeunes scientifiques font leurs premières armes en observant les clients de la taverne. Mais la soirée se passe mal…
Orlandus : La femme d’Isidore continue de parcourir le journal de bord de Camille et s’y intéresse d’autant plus qu’elle reçoit une lettre de menace d’un groupe révolutionnaire dirigé par Camille Park ! Camille raconte sa vie dans le bagne, à nettoyer l’intérieur des monstres qu’on appelle les Gigantes. Elle y rencontre un être étrange, un Noir appelé Orlandus, qui viendrait du monde où la terre est solide. Dans le même temps, le préfet fait libérer le dissident Mungo Park, malgré la grande haine que lui voue le chef scientifique Ripolin. En échange de services bien particuliers, le préfet fait libérer Camille alors qu’elle est prise au piège par une drôle de famille. Le journal de bord s’arrête brusquement, mais la femme d’Isidore ne veut pas abandonner ses recherches pour autant.
Malocchio : Le préfet tend son piège aux scientifiques et plume Ripolin au jeu, grâce au talent de Mungo Park. Cependant, le sacrifice de Mungo est inutile car sa nièce Camille est prisonnière des fermiers en rut qui ont besoin de génitrices pour leur plaisir et leur hérédité. Une troupe de saltimbanques Italiens dirigés par l’énigmatique Malocchio arrive dans le village où est retenue Camille, totalement droguée et à la merci de ses ravisseurs. Parmi les forains, l’un d’eux reconnaît l’Anguille qu’il avait rencontrée quand elle jouait « Chez Dumas ». La partie s’annonce serrée pour la libérer des griffes des rustres fermiers…
Le pont dans la vase : Louise, la femme d’Isidore, a fini le livre de Camille mais voudrait avoir plus d’informations sur ce qu’elle est devenue. Mais elle est enlevée alors qu’elle s’était disputée avec son mari. Libérée par la troupe de Malocchio, Camille est considérée comme la réincarnation de la Madone par les Italiens : elle a ainsi tous les pouvoirs. Dans le même temps, Ferdinand, ancien ami de Camille, devient le chef de la Guilde des Scientifiques et prend la place de Ripolin. Ferdinand est encore plus dangereux et sadique que son triste prédécesseur. Il compte s’acharner sur Mungo Park, qui refuse de travailler à nouveau pour le préfet. Une grande fête a lieu, organisée par les hautes personnalités de la ville. Tous les protagonistes s’y retrouvent pour un final électrique…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Cette série a d’abord été publiée en quatre volumes, de 1993 à 2003, ici réunis en une petite intégrale au tarif économique (seulement 15 euros !). Voici une œuvre à part dans le 9ème art. Sous la plume du réalisateur fantasmagorique des Triplettes de Belleville, le lecteur pénètre un univers décalé et surprenant. Les personnages sont tous hauts en couleur et très marqués : Malocchio, la femme à barbe ; les fermiers rustres et inquiétants ; les femmes génitrices ; les scientifiques et leur pédanterie ; sans compter le personnage principal Camille, qui se déguise tantôt en homme, tantôt en femme… Tout ce petit monde évolue dans un univers merveilleux qui mêle vestiges du XIXème siècle (avec ses machines à vapeur et ses habitations) et inventions fantastiques (la vase qui entoure les lieux, les monstrueuses Gigantes). Ce décalage est mené de main de maître par Sylvain Chomet qui s’amuse à dévoiler son monde au fur et à mesure. Il offre ainsi de nombreuses surprises et découvertes incroyables. Le pont dans la vase est si prenant qu’on finit presque par s’y enfoncer. Les dialogues sont fins et savoureux : on a l’impression de lire un grand roman d’aventure (l’allusion à Jules Verne n’est certainement pas un hasard et la bande dessinée est remplie de clins d’œil du registre). A la différence de ses films, Chomet opte pour un ton sarcastique et profondément pessimiste quant à la nature humaine : les scientifiques sont des bouffons ignares et dangereux ; les fermiers sont des violeurs consanguins ; les femmes sont de simples reproductrices et n’ont pas accès à la « culture » ; la police est violente et digne des méthodes nazies. Le décalage avec notre monde contemporain n’est hélas pas si grand et Chomet critique violemment notre société. Une seule solution : la rébellion menée par Camille, véritable anarchiste engagée pour rétablir la vérité et l’équité. Le monde s’enlise de plus en plus dans la vase de la bêtise et du pouvoir. Camille est le seul pont qui permettra de sortir de cette chute… Bien servi par un dessin nerveux et très expressif au niveau des visages, ce brûlot qui mêle avec talent critique sociale et imaginaire va en déranger plus d’un… à découvrir absolument !

voir la fiche officielle ISBN 9782723485814