L'histoire :
Originaire du Nord de la France, Didier Tronchet raconte sa découverte de Lyon, une ville qu’il a immédiatement perçue comme un territoire à parcourir à pied. Fasciné dès sa première visite, il s’était promis qu’un jour, il y habiterait, pour l’arpenter dans tous les sens. Une promesse finalement tenue, qui donne naissance à ce récit de promenade urbaine. Parmi les itinéraires qu’il emprunte, figure l’ascension de la colline de Fourvière. Le parcours débute devant la cathédrale Saint-Jean, monument emblématique du Vieux Lyon. Construite sur près de trois siècles, elle présente une façade mêlant styles roman et gothique. Didier Tronchet s’attarde notamment sur les nombreux médaillons qui ornent son portail, véritables petites histoires gravées dans la pierre, où récits bibliques et scènes de la vie quotidienne se côtoient. Depuis la rue du Doyenné, il découvre ensuite l’entrée du célèbre funiculaire lyonnais, surnommé « la Ficelle ». Ce moyen de transport lui évoque un train fantôme avant qu’il ne poursuive finalement son ascension à pied, sac sur l’épaule. Au fil de sa marche, il croise des lieux insolites comme le Boui-Boui, minuscule café-théâtre où les artistes semblent jouer au milieu du public. Puis il traverse la place de la Trinité avant de poursuivre sa découverte des ruelles et escaliers qui serpentent vers les hauteurs de la ville.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec Le Piéton de Lyon, Didier Tronchet rejoint la collection inaugurée par François Ayroles et propose une balade aussi érudite que malicieuse au cœur de la capitale des Gaules. Plus qu’un simple carnet de voyage, l’album est avant tout une déclaration d’amour à la marche et à l’observation, deux disciplines dont l’auteur est devenu un spécialiste au fil de son œuvre. Ce qui frappe d’emblée, c’est la présence familière de l’univers de Tronchet. Derrière chaque case, on a presque l’impression de retrouver Jean-Claude Tergal arpentant les rues lyonnaises avec son sac à dos et sa marinière. Cette posture de promeneur, curieux de tout, constitue la grande force de l’album. L’auteur ne cherche pas à dresser un inventaire exhaustif de la ville. Il préfère s’attarder sur les détails, les incongruités et les petites histoires qui échappent souvent aux guides traditionnels. Son regard si décalé transforme ainsi chaque détour en découverte. Une enseigne évoquant le passe-muraille de Marcel Aymé ; un artisan boulanger confectionnant des pâtisseries bien membrées ; un théâtre minuscule ; ou encore le jardin de Rosa Mir, deviennent autant de prétextes à l’émerveillement. L’humour de l'auteur de Raymond Calbuth accompagne cette exploration et confère au récit une grande légèreté. L’album permet également de croiser les figures qui ont façonné l’identité lyonnaise, des frères Lumière aux nombreux artistes et inventeurs qui ont marqué l’histoire de la ville. Sans jamais être didactique, Tronchet distille anecdotes et références culturelles avec une remarquable fluidité. Graphiquement, son trait souple et expressif sert parfaitement cette approche. Le dessin privilégie l’émotion et l’observation plutôt que la précision documentaire... Cette lecture donne immédiatement envie de chausser ses baskets et de partir découvrir Lyon à son tour.