L'histoire :
Lucas Jones est convoqué au commissariat du comté de Medford, le 12 juin 1996, accompagné par son oncle et sa tante paternels. Il doit subir un entretien avec l'inspecteur David King. Sa situation est des plus surprenantes. En effet, Lucas Jones est réapparu mystérieusement sur le pas de la porte de son oncle et sa tante, après 12 ans d'absence. Le chef de David King exige des réponses rapides, d'autant que la presse s'est emparée du sujet. Et qu'un élément est des plus troublants. L'inspecteur présente à Lucas Jones deux photographies. L'une datant de l'année de sa disparition, l'autre prise ce soir. Il lui demande ce qu'il voit. Le garçon fixe les photos, mais reste mutique. Une larme s'échappe de son oeil et coule sur sa joue. Lucas Jones n'a pas vieilli en douze ans. Il devrait avoir changé, il devrait avoir la carrure et le physique d'un jeune homme de 23 ans, mais il conserve l'apparence d'un adolescent de 11 ans. Sur les chaines d'informations en continue, les journalistes s'adonnent à toutes sortes de spéculations. Le lendemain, l'inspecteur King retourne sur son lieu de travail, obsédé par cette affaire qu'il n'arrive pas à expliquer. Il récupère le compte-rendu du dentiste qui a examiné Lucas et qui en arrive à la conclusion que sa dentition est bien celle d'un jeune garçon, et qu'il ne peut pas s'agir de la même personne. Lorsqu'il arrive dans son bureau, une psychologue Jean Symonds, l'attend. Elle l'accompagne pour faire toute la lumière sur cette affaire, en menant des entretiens avec Lucas. Il y a forcément une explication...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Norm Konyu reste dans la même veine que Downlands paru l'année dernière chez Glénat. L'éditeur prend le parti de conserver une harmonie visuelle dans l'édition du nouvel album de l'auteur, The junction. La couverture conserve la même typographie et une composition similaire. Au premier coup d'œil, le lecteur reconnaîtra le style de l'artiste et poursuivra la découverte de son univers à travers cette nouvelle histoire complète. Son dessin numérique propose des personnages aux traits géométriques, qui semblent distants, comme dénués d'émotions. Norm Konyu maîtrise la colorisation et il en joue grandement pour créer des ambiances, parfois angoissantes, parfois réconfortantes, et donne un rythme à son récit. Côté scénario, on découvre comme l'inspecteur King en charge d'une nouvelle affaire, le personnage de Lucas Jones. Un garçon porté disparu pendant de nombreuses années, qui a mystérieusement réapparu. Le plus troublant, c'est qu'il devrait avoir vieilli : disparu à la fin de l'enfance, il devrait être devenu adulte. Pourtant, il n'en est rien, et les différentes expertises mènent à la conclusion qu'il s'agit bien de Lucas Jones. Que s'est-il passé ? Une psychologue va suivre Lucas et tenter d'apporter des réponses à ce mystère, qui semble relever du surnaturel. En 176 pages, l'auteur propose un récit très bien ficelé, haletant. Au côté des personnages, on tente de faire la lumière sur cette affaire, accompagnés par la thématique du deuil et de la perte.