L'histoire :
Le 2 août 2023, une famille composée des deux parents et de trois enfants, part en vacances. Sur l'autoroute, ils font halte sur une aire de repos. Samantha, la fille cadette, se rend dans le rayon jouets pour enfants. Elle compte bien remonter les bretelles à un petit blondinet des bacs à sable : elle l'a vu frapper sa petite sœur. Elle n'a pas le temps de s'éterniser, sa mère l'appelle. C’est l'heure du goûter. Mila, elle, met les mains dans sa compote : c'est la plus jeune de la famille. Jolène, la plus grande, adolescente, passe le temps du trajet en voiture en jouant sur sa console. Samantha n'a qu'une envie : que sa grande sœur accepte de lui prêter cette fameuse console... Mais c'est un non d'office. Il est temps de reprendre la route. Les parents proposent à Jolène, en conduite accompagnée, de profiter des kilomètres qu'il reste à faire et de la météo clémente, pour prendre le volant. Mais elle refuse, elle n'en a pas vraiment envie. Tout le monde est attaché, le GPS est activé. Dans 402 kilomètres, ils seront arrivés. Un peu plus tard, avant l'entrée dans un tunnel, ils se font doubler par une voiture rose, qui les dépasse à toute vitesse. Pff, quels crétins ! Les tunnels s'enchaînent sur cette route interminable, et Samantha a très envie de faire pipi, elle ne peut plus se retenir. Il n'y a pas d'endroit pour s'arrêter. Une nouvelle voiture les dépasse à toute allure. Décidément ! Le trajet se poursuit, toujours pas d'endroit pour s'arrêter tranquillement, alors, la mère de famille s'arrête en vitesse sur le bord de la route. Il faut que son mari et sa fille se dépêchent, l'endroit est assez dangereux. Et une nouvelle voiture les dépasse dangereusement à la vitesse de l'éclair.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Michaël Sanlaville délaisse le format manga qu'il avait utilisé pour Banana sioule, pour une histoire complète en grand format cartonné de 168 pages. Pour autant, il n'abandonne pas les références et son attachement à la pop culture avec ces Tunnels. Ce thriller psychologique est largement inspiré des premiers Mad Max, en raison de sa course-poursuite. Une famille part en vacances, mais, sans trop savoir pourquoi ni comment, elle se retrouve prisonnière d'une étrange route qui semble sans fin. Ici, pas de réseau et des bolides qui dépassent la voiture familiale avec une vitesse dangereuse ! Ils comprennent très vite qu'il n'y a pas de pitié et que la violence est de mise. Réussiront-ils à se sortir de cet enfer ? Même si on suit cette voiture qui roule encore et encore, Michaël Sanlaville crée une ambiance façon huis clos et fait monter la pression. Comme les personnages, on ne comprend pas vraiment ce qui est en train de se dérouler. On vit les mêmes traumas qu'eux. Sans trop en divulguer, Michaël Sanlaville développe en partie la notion de perte dans une famille. L'auteur utilise son trait habituel et reconnaissable, fluide, efficace. Il réussit à retranscrire l'impression permanente de mouvement. La colorisation apporte une touche de légèreté dans un univers sombre et virulent. Si vous avez du mal avec les histoires où les explications restent en suspens, passez votre chemin, car le mystère reste complet sur le pourquoi du comment cette famille s'est retrouvée dans une telle situation. Cette BD d'action, bien rythmée, conserve quelques secrets.