L'histoire :
En route pour le lycée, Myrtille McFart fait un détour par l’atelier du professeur Gommette Brome. L’endroit est vide, il en profite pour brancher la guitare électrique du savant et déclenche un accident si grave qu’il impose un recasting du héros. Peu après, le professeur le convoque sans plus de détails sur un parking en pleine nuit. La journée de Myrtille se déroule comme d’habitude : retard en cours, audition raté et moments passés avec sa petite amie. La nuit venue, il découvre l’invention de Brome, une voiture capable de voyager dans le temps, alimentée à la bière. Mais l’essai tourne court lorsqu’une bande de punks à chiens attaque pour s’emparer du précieux carburant. Dans la panique, Myrtille dérègle la machine et se retrouve propulsé dans le passé, à l’époque où ses parents étaient lycéens. Coincé dans cette autre époque, il doit échapper aux avances très insistantes de sa mère adolescente, sauver son père des brimades qu’il subit et s’assurer que ses parents tombent amoureux, tout en cherchant désespérément un moyen de rentrer chez lui.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Walch et Novy livrent avec Détour vers le turfu une énième parodie de Retour vers le futur… mais sans la sensation de déjà-vu un peu paresseux qui accompagne souvent l’exercice. Ici, la référence sert de terrain de jeu, et le résultat se révèle à la fois plus drôle et plus malin que la moyenne. L’album déborde de références geek, de jeux de mots et de blagues irrévérencieuses, souvent poussées jusqu’à l’exagération. C’est précisément dans ce trop-plein assumé que l’humour fonctionne, sans jamais chercher à rester sage. L’autodérision est aussi de la partie, les auteurs n’hésitant pas à s’inclure eux-mêmes dans la BD, ajoutant une couche méta bienvenue. Détour vers le futur ne s’adresse pas particulièrement aux enfants. D’une part parce que l’humour est parfois bien gratiné, d’autre part parce que les films parodiés commencent à dater et parlent sans doute moins aux nouvelles générations. Certaines références, notamment liées au développement et aux coulisses du film original, se montrent même assez pointues. Côté dessin, l’album évite le piège du graphisme vite fait sous couvert de grotesque humoristique. Les planches sont denses, détaillées, riches en informations visuelles. Les personnages évoquent clairement les acteurs des films sans tomber dans la simple caricature, affirmant une véritable identité graphique. Les gags visuels pullulent, jusque dans les arrière-plans, rendant la lecture particulièrement généreuse.