L'histoire :
Mari vient de terminer ses études, qu'elle a suivies pendant de longues années. Elle revient vivre dans la maison de ses parents, maintenant déserte, et elle en est heureuse. Elle a décroché son premier gros contrat dans une prestigieuse entreprise de robotique. Mais pour pouvoir être à la hauteur de ce poste, elle se met énormément de pression. Elle est à deux doigts de perdre pied. Elle utilise alors ses compétences et ses ressources pour construire un robot qui pourra l'aider au quotidien. Elle lance le programme de finalisation, mais elle ne voit pas ce qu'elle peut corriger d'autre pour améliorer les bugs. Elle demande au robot, qu'elle nomme Joy, si maintenant, après correction, il peut la voir. Il pousse un oui de soulagement ! Mari reste assez distante et froide. Elle explique à Joy qu'il y a des prises un peu partout dans la maison pour qu'il puisse se recharger, elle lui indique aussi qu'elle est très concentrée sur un projet et qu'elle ne veut pas être dérangée, sauf si c'est pour lui apporter à manger ou à boire. Elle lui fait visiter les pièces de la maison, dans un bazar sans nom. Elle lui demande de commencer par ranger et nettoyer la cuisine afin de pouvoir commencer à cuisiner le plus tôt possible. Joy pourra ensuite nettoyer le salon, le placard et enfin la salle de bain. Elle lui montre aussi l'endroit où sont rangés les produits d'entretien et lui interdit d'aller à l'étage. Oh et elle a faillit oublier. Elle s'appelle Mari !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Dans un format grand manga, en bichromie, Joy est créée par Serena Cirillo. On suit le quotidien difficile de Mari, une jeune femme surmenée au travail, isolée et au bord de l'effondrement. Elle utilise alors ses connaissances en robotique pour construire un robot de compagnie, ce qui lui permettra de déléguer des tâches du quotidien. Or petit à petit, une relation se crée entre Mari et son robot prénommé Joy. Un lien qui n'a rien d'anodin et qui permet à la jeune femme d'en apprendre davantage sur elle-même. Comme l'indique l'autrice dans une interview, la plupart du temps en science-fiction, les robots ne s'intègrent pas vraiment à la vie humaine, et ils sont contraints trouver une manière de donner du sens à leur existence. A contrario, Serena Cirillo montre dans cette histoire que ce ne sont pas vraiment les robots qui sont le sujet ! Car ici, Joy met en lumière la solitude de Marie, l'attachement à son travail, mais aussi l'importance d'être bien entouré et accompagné lorsqu'on traverse des périodes compliquées. Malgré les influences manga dans la mise en page – format et dessin – cette BD se lit dans le sens français et reste ainsi très accessible aux lecteurs de franco-belge. Une histoire relativement courte, touchante, qui ouvre vers de nouvelles réflexions.