parution 01 février 2010  éditeur La boîte à bulles  Public ado / adulte  Thème Humour

Le fluink

Séparés par le Fluink, un fleuve d'encre, Schwarzs et Pâals s'ignorent, jusqu'à ce que les excès des uns contraignent les autres à une exploration qui chamboule l'équilibre des 2 sociétés. Un album qui fait rimer ludisme créatif et BD.


Le fluink, bd chez La boîte à bulles de Enfin libre
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©La boîte à bulles édition 2010

L'histoire :

Ça ne peut plus durer ! Depuis plusieurs semaines ce sont des dizaines d’objets divers et variés qui s’invitent au hasard chez les Schwarzs : landau, bouteilles, parapluies, projetés à intervalles réguliers, d’on ne sait vraiment où. Enfin, pas tout à fait. Les scientifiques en sont, eux, persuadés : c’est le Fluink (un amas de matière noir et épais au dessus duquel leur peuple s’épanouit) qui leur fait ces cadeaux ou plutôt qui vomit régulièrement des détritus. Et qui dit détritus, dit consommateurs. Il y aurait donc quelque chose de l’autre côté du Fluink ? Pas encore vérifiée, l’hypothèse émise par les érudits devant La Saga (une assemblée de sages qui gouverne la société) est loin d’être farfelue. Ce ne sont pas des « quelques choses » mais plutôt des « quelques uns » qui, effectivement, avec une égale ignorance de l’existence de « ceux du haut », peuplent la partie inférieure du fleuve sombrement encré : les Pâals, une société tout aussi civilisée que ses voisins. Pour l’heure, la préoccupation centrale de leur chef suprême, le Préfectal, est de revoir l’urbanisme de A à Z en détruisant, détruisant pour reconstruire plus grand et plus haut… en faisant de nombreux déchets éjectés vers les hauteurs du Fluink. Bref, une bonne raison pour les Schwarzs d’aller jeter un œil (ou un volontaire) vers le bas…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Une bande noire épaisse sépare horizontalement chaque planche en deux (présentée à l’italienne) pour laisser s’ébattre, au plafond en noir sur fond blanc, les Schwarzs, et au sous sol, en blanc sur fond noir, les Pâals. Les 2 univers, séparés par cette mélasse opaque et nourricière, s’ignorent, ont développé des systèmes politiques différents et n’en sont pas au même stade de développement de leurs technologies. Seules leur incroyable énergie et leur inépuisable bagou pourraient laisser imaginer une ancestrale parenté. Servant de rampe de lancement à un exercice de style graphico-ludique intelligent et audacieux, les deux sociétés sont mises sous notre loupe au moment où leurs occupants se découvrent. L’interaction de l’une sur l’autre (et vice versa) passe alors à la vitesse supérieure pour un constat cinglant : chacune à su faire naitre en son sein de terribles despotes prêt à tout pour régner. On l’aura compris, en jouant avec leur médium, le duo d’auteurs s’amuse de la bêtise humaine indécrottablement attachée à notre propre univers, surtout quand il s’agit du pouvoir. Pour ce qui est de la manière de faire, on est inévitablement et immédiatement séduit par le projet : contrastes noir et blanc, jeux d’ombres chinoises attirants ; absence de case et lecture en bande horizontale ; interactivité graphique haut/bas… Seul bémol : une fois l’effet jubilatoire de surprise passé, l’inconfort de lecture est évident. Les minuscules personnages, souvent difficilement identifiables, l’abondance des dialogues et la profusion des protagonistes nous perdent facilement (il faut relire, relire…). Il n’en reste pas moins vrai que l’exercice est un régal pour qui aime se laisser surprendre par une autre manière de lire de la bande dessinée.

voir la fiche officielle ISBN 9782849530917