parution 11 février 2016  éditeur La pastèque  Public ado / adulte  Thème Humour

Bagatelles

Un recueil d’historiettes mettant en scène des hommes et des femmes désespérés face à des situations absurdes. Un dessin too-much-stylisé, un ultra-pessimisme de fond : Mahler se prononce malheur.


Bagatelles, bd chez La pastèque de Mahler
  • Notre note Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©La pastèque édition 2016

L'histoire :

Accoudée au zinc d’un bar, une femme se grille une cigarette. Un homme la repère et approche aussitôt un tabouret pour s’assoir à côté d’elle. Il tente de se faire remarquer en sifflant, en lui disant qu’il la trouve jolie… Puis il se vante en soulignant qu’il a un poste à responsabilité, qu’il est riche, qu’il est champion de tennis et pianiste virtuose… Au terme d’une longue séance de mépris, la femme lui fait remarquer qu’il doit être marié. Divorcé, précise l’homme, non pas parce qu’il frappait son épouse, mais parce qu’elle le trompait. Il n’a jamais eu d’enfants, c’est toute la tragédie de sa vie. C’est sans doute pour cette raison qu’il boit. La femme lui retrace alors ses raisons à elle de se trouver là, à boire, elle aussi. Mariée, enceinte, son époux l’a battue et le bébé est mort in-utero. L’homme ne lâche pas l’affaire pour autant et réitère ses avances… en vain : les souvenirs ont définitivement replongé la femme sans son chagrin. Elle est désormais hermétique à tout ce que pourra dire ou faire l’homme. Elle prétexte un besoin de se rendre aux toilettes et… ne reviendra jamais. L’homme continue de picoler seul.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

La symphonie que nous joue ce Malher-ci (Nicolas, pas Gustave) est plus graphique que musicale, mais elle est tout aussi atrabilaire. Ici, à travers des strips en noir et blanc de plusieurs pages, via un découpage en gaufriers réguliers débarrassés de tous décors, nous suivons des hommes ou des femmes en proie à des détresses psychologiques sévères. Les personnages féminins sont difformes ; tellement parfois, qu’ils ressemblent à tout sauf à un personnage. Les personnages masculins sont plutôt obèses, avec de minuscules membres, têtes et nez, qui permettent de définir la forme patatoïde d’un personnage. Oui, le trait de dessin est tellement stylisé, qu’il en devient régulièrement illisible. Il faut en effet parfois scruter minutieusement les détails des cases dupliquées pour découvrir (ou pas) ce qui change. Dans les 13 historiettes mises en scènes, auparavant publiées entre 1999 et 2013 chez l’Association, la Pastèque ou Strapazin, les personnages ont en général un penchant pour l’alcool, car ils se trouvent dans des situations sociales extrêmes. L’un n’arrive pas à refourguer ses tracts dans la rue ; l’autre roi despotique fait assassiner tout son entourage par caprice ; ou encore un célibataire peu avenant cherche désespérément une femme… C’est en cela que se distingue le style Mahler : ultra stylisé dans la forme, absurde et profondément pessimiste dans le fond. Mais surtout, c’est une gestion du rythme séquentiel différente des autres et finalement assez prenante. L'auteur autrichien abuse parfois de cases recopiées à l’identique, pour insister sur le malaise du moment, ou l’attente vaine. Son crédo, c’est l’anti-ellipse, en une suite de l’action ininterrompue. Lorsque l’œil parcourt rapidement ses cases, le dessin s’anime presque… pour peu qu’on le comprenne.

voir la fiche officielle ISBN 9782923841816