L'histoire :
En l’année 2112, Nathan, chef de la sécurité pour la Castellum Corp, au Sud de Lyon. Alors qu’il est au repos chez lui par une journée caniculaire et qu’il tente de mettre à jour son scooter électrique, il est alerté par une « intrusion » sur la portion 3B du mur. D’ailleurs, aussitôt, les haut-parleurs de la ville demandent à la population de se mettre à l’abri chez eux. Nathan demande à Léa, sa fille ado et asthmatique, d’en faire autant. Il enfile sa tenue, rejoint son équipe et file au PC sécurité du mur. Des migrants ont en effet réussi à passer par une faille, en profitant d’une panne des détecteurs automatiques – en raison de la chaleur. Ils sont au moins deux, l’un est dégommé, l’autre est en fuite, blessé. Celui-ci arrive jusqu’à la lisière de la ville, pile à l’endroit où Tess est médecin. Elle prescrit un énième anti-palu à un de ses patients quand elle est surprise de se retrouver seule nez-à-nez avec ce migrant venu du Maghreb. Par charité, Tess décide instinctivement de le cacher dans le garage de leur maison et elle le soigne. Elle n’en parla évidemment pas à son mari, dont le job consiste précisément à donner la chasse à ces migrants. Nathan est inquiet car les intrusions se multiplient autant que les pics de chaleur, qui dégradent le matériel. Ses inquiétudes sont faibles, au regard de l’incendie de broussaille géant qui file vers la ville et va forcer la population entière à s’expatrier… de l’autre côté du mur !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les experts climatologues d’aujourd’hui s’égosillent à nous alerter sur la catastrophe écologique en cours… et les conséquences sociales à venir. Avec ce one-shot d’anticipation « pré-post-apo », le scénariste Harry Bozino adapte le roman de Nicolas Debandt Nos atermonde, mais sur le territoire français. La trame du scénario se situe dans un peu moins d’un siècle, en France, et elle place les protagonistes en proie particulièrement frontale avec les conséquences. Le contexte de base est peu réjouissant : les canicules ont rendu la vie extérieure très difficile à supporter et elles dégradent le matériel ; étant donné que c’est bien pire au Sud, mais aussi au Nord (en raison d’une activité volcanique islandaise), des flots de population cherchent à migrer chez nous ; les autorités ont donc érigé de gigantesques murs pour empêcher l’invasion. C’est alors que survient un incendie géant comme élément déclencheur d’une inversion paradigmatique. Le héros, dont le job consiste à chasser les migrants, se retrouve à migrer vers le Sud et donc dans la peau de ceux qu’il traquait auparavant. La trame narrative est certes un peu caricaturale et manichéenne, on espère surtout qu’elle n’est pas prémonitoire. Le dessin réaliste de Paolo Antiga, certes académique mais précis et cohérent de bout en bout, rend l’ensemble très crédible et angoissant.