L'histoire :
Adèle traverse un vaste pays désertique pour participer à une conférence sur les insectes. Entomologiste reconnue, elle possède un don singulier, celui de percevoir la présence des insectes grâce à leur odeur. Dans ce monde où humains et insectes cohabitent, cette faculté lui confère une place précieuse. En chemin, elle décide de faire un détour par Rochedane, la petite ville où elle a grandi. Si elle n’a plus de nouvelles de son ami d’enfance Maxim, elle vient pourtant de recevoir une lettre inquiétante de Pierrot, un autre compagnon de jeunesse. Intriguée, elle veut en savoir plus. À son arrivée, Pierrot se montre nerveux. Il la presse de se reposer, lui promettant de tout lui expliquer le lendemain. Et en effet, au matin, il lui révèle que d’étranges disparitions frappent la région, toutes semblant liées au vieux temple. Parmi les disparus, se trouve Maxim. Ensemble, Adèle et Pierrot se lancent alors dans une enquête, espérant retrouver leur ami.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Buglands nous plonge dans un monde désertique où la faune animale est absente, laissant la place aux insectes avec lesquels les humains cohabitent. Ce décor singulier, à la fois inquiétant et fascinant, sert de toile de fond à un récit empreint de mysticisme, notamment à travers l’évocation d’un temple abandonné et du pèlerinage annuel que doivent accomplir les enfants du village. Le récit avance par petites touches, presque comme une succession de scènes de la vie quotidienne. Cette apparente banalité, dénuée d’urgence, installe une atmosphère étrange, jusqu’à ce qu’une fin abrupte et inattendue vienne tout bousculer. Cette construction narrative, subtile et maîtrisée, contribue largement au charme de l’album. Graphiquement, Buglands séduit par son trait fin et méticuleux, capable de rendre aussi bien la minutie d’un insecte que l’immensité d’un paysage désertique. Les couleurs douces et chaudes enveloppent le lecteur et l’immergent dans cette ambiance singulière. Les personnages bénéficient également d’un design travaillé. L’ensemble de l’univers témoigne d’une vraie cohérence graphique, riche en détails et en trouvailles visuelles.