L'histoire :
En l’an 2247, une équipe d’astronautes explore la surface glacée d’Encelade, un satellite de Saturne. Leur véhicule à chenilles s’arrête devant une étrange cavité géante et circulaire, qui n’a rien de naturel. Ils envoient un drone à l’intérieur, mais au bout de quelques mètres, ils en perdent le signal. Mark et Sorany décident donc d’y aller à leur tour, en étant très prudent. Mais le sol se dérobe soudain sous leurs pieds et ils chutent de plusieurs mètres dans une cavité. La visière de Mark se brise dans le choc et il meurt. En revanche, Sorany a juste quelques contusions et elle a fait une découverte révolutionnaire : un cristal vert, qui s’avère être une source d’énergie prodigieuse. Dix ans plus tard, le gigantesque vaisseau Arca XVII orbite à proximité de Jupiter. A son bord, c’est toute une biosphère qui a été recrée à l’intérieur du cylindre en rotation pour recréer artificiellement la gravité pour les 36 000 colons partis pour installer l’humanité ailleurs. L’Arca s’apprête d’ailleurs à franchir la vitesse de la lumière pour la première fois de l’Histoire. Et cette prouesse est rendue possible grâce au cristal d’Encelade, dont les propriétés demeurent encore méconnues. Cependant, à bord de l’Arca, une secte a réuni des rebelles contre l’idée de ce bond interstellaire. Des terroristes se sont ainsi organisés pour empêcher le passage supraluminique…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après avoir adapté en BD son roman de SF Pyramide (Arca) en 2023, Romain Benassaya propose une seconde aventure en BD dans ce même univers, mais a priori non issue d’un roman préalable. Pour les néophytes en astrologie, précisons qu’Encelade est l’une des lunes majeures de Saturne. C’est sur cet astre glacé que des terriens trouvent un minerai révolutionnaire aux propriétés aussi puissantes que mystérieuses, qui permet (entre autres) le voyage supraluminique des gigantesques vaisseaux de colonisation Arca. Après une mise en contexte au moment de la découverte du minerai, le gros de l’intrigue prend pour contexte le voyage en lui-même, 10 ans plus tard. A bord du vaisseau Arca XVII, 36 000 colons s’apprêtent à vivre le passage à la vitesse de la lumière comme un tournant métaphysique angoissant, un saut dans l’inconnu digne du passage de l’an 1000 au moyen-âge. Cette révolution des lois de la physique inquiète, nourrit les inquiétudes et excite les manipulations sectaires. Au cours des 92 planches du one-shot, l’intrigue nous donne alors à suivre des héros qui tentent de neutraliser des terroristes religieux qui ont un plan de suicide collectif. Le dessin d’Urgell est globalement abouti quant à l’immersion dans cet univers de SF, avec une super gestion de la lumière. Mais ses automatismes, notamment sur les visages des protagonistes, qui se ressemblent tous un peu, ne permettent pas de compenser les défauts d’un scénario souvent confus. Benassaya manie sans nul doute des concepts intrigants de SF, mais il n’a pas la narration séquentielle infuse.