L'histoire :
Zara quitte sa ville natale avec un objectif clair : devenir actrice à Hollywood. Or en chemin, son rêve se heurte à la réalité. Bloquée à Portfield, une petite ville portuaire gangrenée par la mafia locale, elle n’a d’autre choix que de survivre… quitte à accepter un emploi dans le strip-club de Billy Burine. Don Burine règne en maître sur la ville. Patron du crime organisé, il tient autant les trafics que la police locale sous sa coupe. À ses côtés, deux lieutenants aux profils opposés, Diego, élégant et ambitieux, nostalgique d’un certain âge d’or du banditisme, et Gambino, colosse aussi redoutable que méthodique, dont les idéaux écologistes contrastent avec la violence de son quotidien. L’équilibre fragile de Portfield vacille avec l’arrivée du lieutenant Doomis, fraîchement muté après une bavure à Los Angeles. Bien décidé à faire tomber Burine, il prépare un coup de filet d’envergure. Mais entre les gangs rivaux et l’imprévisible El Chupacabra, justicier masqué local aussi stupide que brutal et complètement inefficace, la partie s’annonce loin d’être simple. Doomis a pourtant une stratégie en tête : s’approcher au plus près du parrain… en séduisant sa femme, Amanda.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec Les Basses Œuvres, Eldiablo (Les Lascars, Carcajou) livre un polar mafieux aussi déjanté que généreux, porté par le dessin de Nico Gem, qui signe ici sa toute première BD (hors histoires courtes). Dès les premières pages, le ton est donné : une ambiance de film de gangsters modernisé, teintée d’un humour omniprésent et d’une galerie de personnages délicieusement caricaturaux. Parrains mégalos, hommes de mains hauts en couleur, flics borderline… Tout ce petit monde s’agite dans un récit rocambolesque où l’action ne retombe jamais. Malgré un casting particulièrement dense, la lecture reste fluide, chaque personnage trouvant naturellement sa place et son rôle dans cette mécanique bien huilée. Côté dessin, Nico Gem propose des planches hyper dynamiques, multipliant les perspectives forcées et les cadrages audacieux. De quoi nous happer dans l’histoire, et nous embarquer dans un tourbillon visuel qui donne envie d’enchaîner les 400+ pages. L’esthétique des personnages, notamment les visages, très caricaturaux, participe pleinement à l’identité de l’album et renforce son ton à la fois absurde et nerveux. On peut tout de même parfois regretter un léger manque de volume dans certains dessins, qui atténue un peu l’impact de certaines scènes.