L'histoire :
Le 15 septembre, aux alentours de 20h, Emily et sa maman discutent. Sa mère se fait du souci pour Aliocha, le frère d'Emily. Elle tente de la rassurer, il traverse une mauvaise passe en ce moment. Emily profite de cet échange pour demander à sa mère si elle la laisserait feuilleter les carnets de son défunt père. Mais sa mère n'est pas prête, elle a encore besoin de temps. Un peu plus tard dans la soirée, Emily embrasse sa mère, et sort à l'extérieur de l'immeuble. Elle doit retrouver Aliocha. Il l'attend dehors, mais elle ne voit que son ombre. Le frère et la sœur retrouvent rapidement leur complicité. Emily le suit dans le nouveau jeu qu'il a inventé : une façon de marcher efficace pour se muscler les cuisses. Ils déambulent dans la ville illuminée par quelques lampadaires. Aliocha demande à sa sœur des nouvelles de son grand-père hospitalisé. Elle lui dit qu'il a l'air de garder le moral et qu'il supporte bien le traitement. Il serait néanmoins souhaitable qu'il lui rende visite... Aliocha la coupe et change de sujet. Le duo part retrouver des amis d'Emily, mais Aliocha révèle un côté extrême et sombre de sa personnalité, les forçant à repartir tous les deux. Après une nuit de silence et d'excès, ils rentrent se reposer. Au réveil, Emily s'aperçoit qu'Aliocha a disparu.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Un an après Watership down, les éditions Monsieur Toussaint Louverture proposent cette BD d'un jeune auteur français, Léopold Prudon. On remarque une nouvelle fois le soin apporté par l'éditeur à l'édition du livre, dans le choix des textures et des matières. On découvre le parcours d'Emily, une jeune femme qui a perdu son père un an auparavant. Sa mère n'arrive toujours pas à faire son deuil, et cette épreuve l'a elle-même éloignée de son frère Aliocha. Un soir, le frère et sa sœur se retrouvent ; mais au matin, Aliocha a disparu. Emily part alors à sa recherche. Ce roman graphique est une œuvre dense et complexe, loin d'être binaire. L'auteur nous parle de relations familiales compliquées, de deuil et d'absence, mais aussi de culpabilité et de colère, en utilisant en trame de fond une sorte d'enquête. Officiellement, Emily part à la recherche de son frère disparu, mais que recherche t-elle vraiment ? Une pointe de fantastique et d'inexpliqué parsème l'album, rendant le tout intrigant, parfois déroutant et oppressant. On erre dans une ville dessinée en bichromie (parfois bleue, parfois rouge) avec les personnages, et la ville devient elle-même un protagoniste de l'histoire. L'auteur a expérimenté dans la mise en page de ses planches, mettant le dessin au service de l'histoire et en n'hésitant pas à investir des pleines pages pour les segmenter et créer une narration. Un ouvrage étonnant qui ne laisse pas indifférent.
