L'histoire :
Un soir de septembre 1575, une jeune femme de la bourgeoisie hèle un cocher parisien et demande qu'il la conduise rue de la Grande Truanderie, un quartier malfamé. Elle rejoint son amant, François, un fils de commerçant, en compagnie duquel elle fuit un mariage arrangé avec un vieux baron. Or à l'arrivée, ils sont pris à parti par trois racailles. François s'enfuit, laissant Victoria promise à un viol groupé. C'est alors que s'arrête un carrosse, duquel descend une autre jeune femme, de la noblesse. Elle demande tout d'abord poliment que les bandits laissent tranquille leur proie. Puis sans crainte, malgré sa belle robe, elle se prépare au combat, à l'aide de deux couteaux cachés derrière ses cuisses. Habile et expérimentée, elle tue les assaillants et libère Victoria. Celle-ci remercie sa sauveteuse 8et dans la discussion qui s'engage, elle lui fait comprendre qu'elle veut devenir comme elle. Madame de la Béraudière, Louise de son prénom, appartient en effet à « l'escadron volant » de Marie de Médicis, une unité d'élite secrète composée d'une centaine d'éléments devoués. Elle est à la fois courtisane, espionne et combattante. Elle donne rendez-vous prochainement à Victoria pour un emploi de femme de chambre de la reine, au palais du Louvre. Or la même nuit, une opération commando se déroule au Louvre, pour en exfiltrer le jeune prince François, duc d'Alençon et frère du roi Henri III, auquel il s'oppose, rendu à moitié captif par sa mère régente. Le lendemain, Marie de Médicis fulmine de cette évasion. Elle convoque Louise et la duchesse Isabelle de Limeuil, afin de déterminer le meilleur plan d'action à opérer.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le sulfureux « escadron volant » de Marie de Médicis a bel et bien existé. Si on en croit les historiens, il s'agissait de sa cour rapprochée, composée de jeunes femmes plutôt aguichantes et entrepreneuses, qui avaient pour mission ouverte de séduire (et concrétiser par des ébats avec) les puissants pour mieux entendre leurs confidences. Hé oui, la régente et reine se comportait vraisemblablement comme une mère maquerelle, bien plus que comme une directrice du MI6 missionnant sur le terrain des James Bond girls adeptes de combat rapproché... comme le présente cet ouvrage scénarisé par Raule et dessiné par José Muñoz. Cela n'empêche pas ce (premier ?) tome de se montrer plutôt agréable à suivre, dans un registre d'espionnage bondissant et de thriller historique, mais fort correctement campé dans son époque. La reconstitution historique et artistique de Muñoz est soignée et plutot crédible – à une libellule robotique près (quelle idée saugrenue !)... – bien documentée en tout cas sur les costumes et les décors de la fin de la Renaissance. Les manigances et les scènes d'action vous tiendront en haleine. L'épisode de tensions incroyables entre la reine Catherine de Médicis et son fils François duc d'Alençon est d'ailleurs tout à fait authentique et relègue nos affaires politiques actuelles à un rang plutôt ennuyeux...
