L'histoire :
Brèche-dent travaille dans les entrailles de la Dent du chat, cette montagne menaçante non loin du lac du Bourget. Il est chargé d’y faire la plonge, un travail plutôt haut-placé. Il doit cela à sa meilleure amie, Trois-fois-morte, qui lui a obtenu cette place. Lorsqu’il tente de faire une plaisanterie au surveillant en lui faisant remarquer le caractère rébarbatif de la tâche, celui-ci s’agace. Il devrait déjà se contenter d’être toléré en ces lieux, en tant que rejeton d’une korrigane délurée et d’un père aux origines bien floues. En plus de tous ces défauts d’origine, il a un défaut de prononciation, qu’il doit aux multiples coups qu’il a pris étant enfant. Un de ses amis le rattrape et lui dit de ne pas tenir compte des propos des jaloux. Ils sont simplement envieux de son amitié avec l’associée de Beauregret. Mais cet ami semble intéressé. Il lui demande tout de suite si Trois-fois-morte est sympa et s’il pourrait leur permettre de se rencontrer. Brèche-dent n’y est pas vraiment favorable. Il a une ambition : viser toujours plus haut et intégrer la brigade Tout-sucre, gérée par un horrible patron… Est-il prêt à tout pour atteindre son rêve ? Ou l’amitié et la fidélité prendront-ils le pas sur ses aspirations ?
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae proposent une suite à leur Cuisine des ogres. Le premier opus était construit comme un conte dans lequel nous suivions le personnage de Trois-fois-morte. Celui-ci, bien qu’il se déroule comme une aventure, est moins sombre et plus linéaire que le précédent. Nous ne suivons plus le même protagoniste, puisqu’ici c’est Brèche-dent, que nous avions aperçu dans le premier volet, qui devient le héros central. Trois-fois-morte, elle, devient un personnage secondaire qui gravite autour de l’intrigue. Ce jeune korrigan attendrissant, doux et gentil, n’a qu’un rêve : intégrer la brigade Tout-sucre. Mais cela semble presque impossible… Il ne veut pourtant pas renoncer ! Le scénario utilise le principe de la répétition, comme on le retrouve souvent dans les contes pour enfants, puisque Brèche-dent enchaîne la recherche et la pratique de petits-boulots. Attention cependant : comme pour le premier tome, cet album s’adresse aux adultes et met en scène des personnages parfois terrifiants, dans un conte cruel. On y retrouvera également des références à d’autres œuvres classiques, notamment des contes tels que Pinocchio. Les illustrations de Jean-Baptiste Andreae sont pleines de détails. Elles ont un côté fascinant, dans un style graphique qui peut être assez clivant.