L'histoire :
Lorsque le grand-père d’Astrid est mort en 2004, il a été enterré selon la tradition orthodoxe, le lendemain de son décès, dans le vieux cimetière de Fribourg. Présidée par le rabbin de la ville, la cérémonie a réuni son épouse et ses 3 fils, ainsi que des amis de la synagogue. Quand la grand-mère d’Astrid est morte à son tour, onze ans plus tard, il n’y avait plus de juifs allemands à la synagogue. Soixante-quinze ans après avoir fui l’Allemagne à cause de sa religion, Gisela Goldschmidt a failli se voir refuser des funérailles juives. La cérémonie passée, Astrid et son père ont la lourde tâche de vider son appartement, rapatrier les meubles, tapis et toutes sortes de bibelots qu’il faudra partager entre les enfants et petits-enfants. Ce voyage en van sera l’occasion pour Astrid et son père d’échanger sur des souvenirs familiaux.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le décès d’un parent est souvent propice à se replonger dans ses souvenirs, son histoire familiale. Astrid va profiter d’un long voyage en van pour faire parler son père sur un passé méconnu de sa famille juive allemande marquée par la guerre et la fuite de l’antisémitisme. Ce déménagement est un voyage dans le passé, chaque bibelot étant rattaché à des souvenirs parfois oubliés. Dans ce contexte, il est donc difficile de faire du tri, de se séparer de certains objets. Mais un deuil c’est également le moment où parfois les non-dits se révèlent, les vieilles rancœurs ou tensions familiales éclatent au grand jour, les attitudes égoïstes et les petites mesquineries s’affichent. La force de ce livre est de raconter une histoire authentique d’une famille dont les liens ont pu se déliter avec le temps. Ce livre découpé en 7 chapitres reprend toutes les étapes du deuil, avant tout un exercice cathartique pour son autrice. Le dessin sobre d’Astrid Goldsmith et les touches d’un bleu gris un peu froid renforcent la tonalité intimiste de cette histoire.