L'histoire :
Le 11 mars 2011, un ingénieur japonais sort de chez lui pour se rendre au boulot. Soudain, la terre tremble. Fort, très fort. Le séisme engendre des chutes de pierres, des failles dans la chaussée, des bris de vitres… Evidemment, comme toujours, ça finit par s’arrêter. Les haut-parleurs de la ville émettent une alerte au tsunami. Les citoyens sont invités à vite rejoindre un point haut pour se protéger de la vague qui commence à déferler sur la terre, emportant tout sur son passage. Mais plutôt que de se diriger vers les hauteurs, calmement, l’ingénieur entre dans une cabine téléphonique. Il veut joindre quelqu’un de toute urgence. Hélas, alors qu'il attend dans la cabine que son interlocuteur décroche, la vague géante arrive sur lui, violente, chargée de tout ce qu’elle a rencontré au passage. Au même moment, à Berlin, une jeune junkie fait un rêve bizarre. Elle vole, comme superman, au-dessus de sa ville entièrement recouverte d’une inondation monstre. C’est très agréable comme sensation. Elle s’amuse à frôler l’eau… jusqu’à ce qu’une main lui attrape la cheville. La jeune fille s’arête donc et regarde l’origine de ce frein : il y a un garçon sous l’eau, qui la regarde placidement à travers la surface.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Souvenez-vous, le 11 mars 2011… Le monde était tenu en haleine suite au séisme japonais au large de Fukushima, qui engendra un tsunami particulièrement dévastateur sur la côte Nord-Est de l’archipel. Le maelstrom nucléaire qui s’est ensuivi est passé à la postérité avec celui de Tchernobyl comme l’une des pires catastrophes atomiques de tous les temps. En tant qu’autrice complète, Bea Davies revient dans ce roman graphique en noir et blanc sur ce moment marquant, en le reliant « un petit peu » à la destinée de plusieurs personnes à des milliers de kilomètres de là. A vrai dire, le cœur du propos de l’autrice italo-allemande est insaisissable. Il focalise sur un évènement fort, pour le diluer dans plusieurs séquences sans rapports aux conséquences superfétatoire, des lignes de vie secondaires, à travers un récit choral pour lequel on a du mal à s’enthousiasmer, en raison d’un découpage patchwork et d’une direction incertaine. La forme narrative est hybride, qui tient à la fois du manga, du comics et du franco-belge. Le dessin, à l’encre et au lavis nettement maîtrisés, met en scène de vraies « gueules » aux personnalités bien établies, mais pour ne pas en faire grand-chose… Bon voilà. Il y a un tsunami au Japon et des gens en Allemagne qui vivent d’autres trucs, plus ou moins liés. Mais plutôt moins. Warum ?