L'histoire :
Avila a grandi dans les jupons d'Anis, sa mère, qui lui a appris l'utilisation des plantes pour soigner bien des maux. Cette pratique, dans la France du XVIIe siècle, lui vaut la réputation sulfureuse d'être une sorcière. Ce qui l'oblige à prendre la fuite pour échapper à Trébuchet, un chasseur de primes engagé par le Cardinal Richelieu pour exterminer tout ce qui entraverait l'ordre religieux. Pour ce faire, elle scelle un pacte avec une ombre démoniaque afin de sauver sa mère disparue et qui doit être conduite au bûcher pour hérésie. Pour conjurer ce sort, elle demande l'appui d'un démon, mais celui-ci se matérialisera en Astor. Ce petit démon particulièrement grossier est en fait l'ombre d'Avila qui l'accompagne dans sa quête de vérité et à qui elle s'adresse régulièrement. Même si elle bénéficie de la protection des animaux sauvages et du soutien du jeune voleur Timothée, qui est amoureux d'elle, Avila aura fort à faire pour surmonter les nombreux obstacles qui se dresseront sur son chemin.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avila est un roman graphique de 180 pages particulièrement réussi. Les nombreuses petites références historiques (Molière, Alexandre Dumas...) permettent au lecteur de jeter un regard intéressé sur une histoire qui ne manque pas de rebondissements et dont la surprenante conclusion laisse entrevoir des perspectives encourageantes. Le couple Teresa Radice (scénario) et Stefano Turconi (dessin), à la vie comme au travail, fonctionne plutôt bien, tant les nombreuses péripéties viennent troubler la cadence harmonieuse de cette histoire qui a un côté magique (Avila dialogue avec les animaux) et tendre à la fois (recherche d'identité, de vérité). Les nombreux protagonistes ont une place judicieuse dans ce récit qui se lit avec beaucoup de souplesse. Même si son dessin s'inspire un peu de Jose-Luis Munuera, Stefano Turconi ne peut renier l'influence de Disney pour lequel il a travaillé en Italie. Ses personnages semblent être tout droit sortis des studios américains, tant on pourrait imaginer leur animation vu la qualité de leurs expressions corporelles. Quant aux décors, ils sont particulièrement bien détaillés et fournis. Les couleurs vives et pastel confèrent beaucoup de luminosité et de quiétude visuelle au lecteur.