parution 07 mai 2026  éditeur Delcourt  collection Contrebande
 Public ado / adulte  Mots clés Independant / Thriller

Kill or Be Killed

Dylan veut se suicider mais sa chute ne le tue pas. Miracle ou malédiction, car le lendemain, un démon se manifeste à lui et réclame une vie par mois contre la sienne. Le contrat : buter exclusivement de sales types. Réédition d'un incroyable polar.


Kill or Be Killed, comics chez Delcourt de Brubaker, Phillips, Breitweiser
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

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  • dessin Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

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L'histoire :

Un immeuble pourri à New-York. Des russes. Un type avec un sweat à capuche rabattue sur sa tête et qui porte un masque de ski rouge pour dissimuler son visage s'est introduit dans un appartement. Il descend un premier mec au fusil à pompe. Trois secondes après, il fait une seconde victime. Il rejoint le couloir et se poste à la gauche de l’ascenseur. A l'évidence, il sait que du monde va rappliquer avec le bruit que viennent de faire les détonations de son arme. Deux armoires à glace en sortent. Il n'ont pas le temps de se retourner qu'il fait un carnage dans leur dos. Un d'eux bouge encore à terre, il l’achève d'un tir dans la nuque. L'endroit est un bordel miteux. Une femme nue, le visage décomposé par la peur, entrouvre la porte. Tout d'un coup, un type surgit et arrive à frapper l'assassin au visage, qui échappe son fusil. L'homme à la cagoule est face contre terre, proche du K-O mais il réussit à reprendre le shotgun du côté du canon et finit par fracasser le crâne de son agresseur. Maintenant, il prend un escalier de sortie et avant d'arriver dans la rue, retire son masque. Il est jeune, profil caucasien. Qu'est-ce qui bien pu l'amener à devenir un assassin ?...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Les rééditions, par définition, sont l'occasion d'une relecture et dans ce cas, cela ne s'est pas limité à une re-lecture. Que voulons-nous dire par là ? Hé bien tout simplement qu'à l'époque où les 4 volumes de la série paraissent sur un année (2018/2019), nous n'avions pas perçu l'intensité et la cohérence du récit. 600 pages au total qui constituent alors le plus gros run de Brubaker et de son complice Phillips. Mais maintenant qu’on les a en mains, maintenant qu'on peut tout lire « d'un trait », la continuité de la narration, sa logique et sa mécanique révèlent une richesse que nous n'avions donc pas comprise. Brubaker, dans sa postface, explique comment la gestation de ce récit l'a d'ailleurs emmené sur des chemins qu'il n'avait pas initialement imaginés. Tout commence par la rencontre entre le polar et le fantastique, avec une histoire aux contours assez classiques : un type qui rate son suicide et qui a été sauvé à son détriment par un démon. Et comme le type en question s'est aperçu qu'il ne voulait surtout pas mourir, la créature maléfique lui impose sa loi et le piège en même temps : l'homme devra tuer chaque mois un type particulièrement malveillant pour nourrir les Enfers, ou périr, cette fois-ci pour de bon. On est donc d'abord frappé par la curiosité et on s'attend à quelque chose qui pourrait ressembler à un mélange de Michael Connelly et de Stephen King mais assez vite, on est conduits vers ce que l'écrivain appelle lui-même « quelque chose de méta ». Les difficultés relationnelles du personnage principal, le trauma familial et finalement la maladie mentale de Dylan, cet étudiant trop âgé pour l'être encore et qui n'arrive pas à s'insérer... Avec le recul et les œuvres que depuis, la dream team d'auteurs ont publié, on mesure mieux le virage qu'à représenté pour eux Kill or be killed et surtout l'aspect psychologique que Brubaker a depuis privilégié dans la narration de ses récits postérieurs. Bien sûr, rien ne fonctionnerait sans la maestria de Sean Philllips, qui a l'art des portraits et en particulier de traduire les regards désabusés des personnages, dans une New-York qui semble écraser les protagonistes, au mieux, les ignorer... La colorisation d'Elisabeth Breitweiser s'avère quant à elle parfaite pour jouer sur les ambiances, les ombres et la lumière. Vous l'avez compris, on peut désormais vous dire qu'on considère Kill or be killed comme un récit non seulement réussi, mais aussi pivot dans la bibliographie des auteurs.

voir la fiche officielle ISBN 9782413094876