parution 02 octobre 2013  éditeur Delcourt  collection Outsider
 Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Independant

Une case en moins

La dépression, Michel-Ange + moi

A 30 as, Ellen Forney a déjà été nominée aux Eisner Awards. Mais c'est surtout l'âge où on lui diagnostique un syndrome de bipolarité. Ce récit, c'est celui de cette jeune femme qui combat la maladie. Intimiste et touchant.


Une case en moins : La dépression, Michel-Ange + moi (0), comics chez Delcourt de Forney
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

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  • dessin Blue Star Grey Star Grey Star Grey Star

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©Delcourt édition 2013

L'histoire :

Ellen Forney est une jeune dessinatrice de Seattle, qui s'éclate bien dans la vie. Elle aime les hommes comme les femmes. Et les tatouages, aussi... Elle commence à faire du buzz avec ses créations. Elle expose, publie ses histoires dans les pages comics de «Stranger», le magasine underground/hype de la ville. Elle fait du sport et la bringue aussi ! Dans ses périodes créatives, il lui arrive d'avoir une libido exacerbée, ce qui va avec les projets artistiques trop risqués, voire une hyperactivité sexuelle. Cela fait quelques années qu'elle voit un thérapeute, qui vient de lui conseiller un psychiatre. Ellen a 30 ans, et on va lui dire qu'elle est bipolaire...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Une case en moins porte remarquablement bien son nom, puisque c'est ce qu'on dit des malades mentaux, donc aussi des bipolaires. Au moment où elle apprend sa maladie, Ellen Forney est une jeune artiste qui n'aspire qu'à créer et s'émanciper de la plupart des règles sociales, dans le Seattle post-Nirvana, à la fin des années 90. Elle évolue dans les milieux underground et se définit comme une fille libre et bisexuelle. Une fille qui aime la vie, et dont les phases d'euphorie puis de dépression trouvent maintenant une explication médicale. Et là, je vous vois venir : «Encore un récit d'un artiste dingo qui se fait du bien en se mettant en scène». C'est vrai, il y a quelque chose de l'ordre de l'art-thérapie, mais sans prise de tête graphique. Tout s'appuie sur une narration assez remarquable, parce qu'elle ne verse jamais dans le pathos. Ainsi, les symptômes de la maladie, les traitements associés, bref, toute la clinique est mise en avant. Mais la force du récit repose sur la lucidité de la jeune femme à l'égard de sa propre histoire. Une sacrée claque dans la tronche, qu'elle prend à 30 ans. C'est ainsi qu'on suit sa galère, qu'on appelle chez nous «parcours de soins», et les répercussions du traitement dans sa vie. Malgré l'intimité qu'elle nous livre, Ellen Forney fait aussi preuve de pudeur. Elle parvient à traduire dignement sa souffrance et n'étale (pas trop) l'aspect dépressif. Si bien que son auto-analyse de la maladie et son abnégation à s'accrocher forcent le respect, tout en rendant l'auteur attachante. C'est qu'elle sait aussi se tourner en dérision. Heureusement, car elle décortique en 240 planches les phases qu'elle a traversées durant plusieurs années. Si on revient au sous-titre, on se demande : «quel rapport avec Michel Ange ?». Cela tient au fait qu'Ellen Forney s'est aussi penchée sur la vie d'artistes perturbés, que la légende appelle «les artistes maudits». Pour preuve, une bibliographie bien fournie, car elle a accumulé les lectures consacrées au rapport entre la créativité et la maladie mentale. Et la liste est longue, pour ceux qu'elle appelle «Le club Van Gogh», de Michel-Ange (donc) à Léon Tolstoï, en passant par Tennessee Williams... Sans avoir la prétention d'être à la hauteur de ces génies, Ellen Forney mérite quand même sa carte de membre, car elle a Une case en moins et bien du talent aussi...

voir la fiche officielle ISBN 9782756043340