L'histoire :
Le Prince chevauche lentement avec sa troupe, morne voyage dans les steppes désolées, la pluie incessante, la misère environnante et l’ennui constant. Il rumine et se plaint sans arrêt auprès de son Vizir. Le jeune monarque sait très bien quel est le véritable objectif de la mission : son père veut l’éloigner du trône et l’occuper pendant qu’il fornique tranquillement. Il le soupçonne même d’espérer que son fils meurt dans cette exploration inutile. En attendant, inventorier tous les territoires conquis l’ennuie au plus haut point. Un des éclaireurs revient avec une nouvelle : ils ont découvert une salle souterraine dans des ruines difficiles d’accès. Las, le Prince s’y rend mais ne s’attend à trouver que des araignées et des rats. Pourtant, l’expédition trouve un petit trésor brillant. Cela ne suffit pas pour allumer la flamme du Prince mais il demande à son Vizir de quel endroit il s’agit. Pour le ministre, cela pourrait être la ville de Tarantia. Le regard du Prince s’arrête d’un seul coup sur une étrange statue renversée. Elle représente un guerrier massif assis sur un trône et juché sur une hache de guerre. Le Prince veut en savoir plus sur l’identité de cet inconnu mais le Vizir se montre indifférent. Sûrement un roi d’antan qui a basculé dans l’oubli. Le Prince sent pourtant qu’il s’agit d’autre chose et il veut en savoir plus…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
On avait déjà été gâté avec deux énormes Conan chez Panini, d’une taille à faire frémir même le musculeux barbare de Cimmérie ! Voilà un troisième volume encore COLOSSAL qui contient un nombre d'histoires impressionnant et un pavé d’héroïc-fantasy épique, sombre et fascinant. L’écriture si inventive et si immersive de Robert E. Howard se retrouve à nouveau dans ces titres parus entre 2003 et 2004 avec des textes très littéraires et des intrigues fortes et passionnantes. Certaines histoires sont des adaptations des nouvelles comme Le dieu dans l’urne ou La tour de l’éléphant. Les auteurs ont aussi la bonne idée de narrer la naissance de Conan, forcément pleine de sang et de lutte puis son enfance avec ses premiers émois et ses débuts remarqués de chasseur et de guerrier. D’autres passages sont dignes du Howard comme l’ennui mortel des Hyperboréens, l’enquête sur la mort d’un noble, les sorcelleries monstrueuses et impies, les combats contre des démons ou encore l’arrivée de Conan dans la Cité des Voleurs… Toutes ces grandes aventures sont autant de rencontres mémorables comme le sage Kalanthes, la féroce guerrière Janissa ou le terrifiant sorcier Toth Amon. C’est aussi extrêmement savoureux de voir Conan devenir un brigand professionnel dans la sinistre ville de Zamora… D’un point de vue visuel, c’est tout simplement une véritable tuerie : l’art de Greg Ruth ressemble énormément à celui de Tomas Giorello. De nombreuses pages sont à tomber par terre tant l’inventivité se mêle à la fureur sauvage et barbare des combats. Vous serez hanté par les métamorphoses abominables de Toth Amon ou vous serez soufflé par la force brutale de Conan ou envouté par la beauté des femmes lascives qu’il rencontre dans des auberges. Mais que dire également des couvertures de Leinil Francis Yu et de Cary Nord, toutes plus renversantes et sidérantes les unes que les autres ? Encore un nouveau volume qui embellit un personnage légendaire… Et le soleil irradiait !