L'histoire :
Ils font l’école buissonnière. Les garçons veulent faire quelque chose d’unique et, adossés à un pont, ils proposent de sauter. Oliver a peur : ça fait bien quatre mètres de hauteur quand même ! Mais pour être accepté dans la bande, il n’a pas vraiment le choix. Tous sautent et les conséquences ne vont pas tarder à arriver… Mlle Peet est convoquée à l’école au sujet de son fils Oliver. Elle n’a pas le temps pourtant et elle est directement venue du travail, en tenue d’infirmière. Le directeur les reçoit et explique ce qu’il s’est passé : Oliver a sauté d’un pont et deux de ses amis ont la jambe cassée. Mais ce n’est pas tout : il a sauté également d’un établi dans l’atelier menuiserie et mis le feu à la cafétéria ! Cela fait beaucoup mais vu qu’il est nouveau, le directeur décide de l’exclure seulement pendant une semaine. Effondrée, Peggy cherche des réponses. Oliver explique qu’il essaie de s’intégrer à l’école : les deux autres événements n’étaient que de simples accidents. Quand ils rentrent à la maison, la vie reprend presque son cours. Oliver doit descendre les poubelles. Cependant, il remarque de nombreux corbeaux qui tournent autour de la maison…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
En voilà un drôle de projet ! Uncanny Valley s’amuse à naviguer entre les univers de fiction, jouant sur les frontières de l’imaginaire et de l’art. Tony Fleecs reprend en effet le concept de Roger Rabbit où des personnages de dessin animé viennent vivre dans la « réalité » (qui est aussi fictive… en réalité !). Sacré challenge donc pour l’artiste Dave Wachter qui doit jouer avec plein de styles différents en dessinant dans la même case des personnages très réalistes façon Lee Bermejo et des créatures grotesques tout droit sorties d’un Disney ! Cet étonnant amalgame se mue en aventure familiale gigantesque. Même si l’action se répète un peu et est souvent prévisible, l’originalité du propos suffit pour nous transporter. Imaginez un album où un ersatz de la Reine Sorcière côtoie des farfadets qui ressemblent aux schtroumpfs et un cow-boy qu’aurait pu inventer Tex Avery, sans oublier un clin d’œil appuyé aux Maitres de l’univers ! Il y a de quoi perdre la tête mais l’ensemble est plutôt sympathique et l’imaginaire délirant proche de Alice aux pays des merveilles. Une œuvre étonnante donc à la gloire de la fiction et de l’imaginaire.