L'histoire :
Tessa Hulls, une américaine aux origines chinoises, a grandi avec sa mère et sa grand-mère dans une maison asphyxiée par les fantômes. Sa grand-mère avait sombré dans la folie. Les seules choses qu’elle savait d’elle, c’est qu’elle était chinoise, qu’elle avait été journaliste et avait écrit une autobiographie à succès. Il y a longtemps, il s’était passé quelque chose et elle avait perdu la tête. La mère de Tessa ne lui avait pas appris le chinois. Ainsi, entre la barrière de la langue et l’état psychique de sa grand-mère, elle n’avait jamais réussi à connaitre la personne qu’elle était vraiment. Elle ne voyait en elle que les débris d’une culture qu’elle ne comprenait pas. Au sein de sa famille, on ne ressassait que des fragments de son histoire sans les questionner. A trente ans, Tessa se met en tête de comprendre pourquoi sa grand-mère a sombré dans la folie. Elle rassemble les éléments de son histoire familiale éparpillée sur trois continents, en quatre langues. Et au prix de milliers d’heures de recherches, les réponses qu’elle trouve se transforment en questions cruciales…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
En 1992, Art Spiegelman était le premier auteur de BD à être récompensé par le prestigieux Prix Pulitzer pour Maus. Il faut attendre 34 ans pour qu’un nouvel album BD soit primé. Là encore, avec Feeding ghosts, il s’agit d’un récit autobiographique en noir et blanc. Tessa Hulls, une américaine aux origines chinoises, raconte l’histoire des 3 dernières générations de femmes de sa famille qui ont vécu entre Chine et USA. La mémoire de cette famille a pour héritage une histoire traumatique qui se transmet de génération en génération. A leur histoire personnelle s’entremêle encore celle de la Chine : la frise en début d’album est une référence bien utile tout au long de la lecture. L’autrice, en permanence dans l’analyse des relations compliquées avec sa mère, est une femme en quête d’identité façonnée par différentes cultures. La lecture de ce roman graphique de 400 pages (1,8 Kg !) vous prendra plusieurs heures et ne vous laissera pas indifférent. C’est une lecture très exigeante, parfois complexe, avec des textes denses. A la fois un travail biographique, introspectif et documentaire digne d’intérêt. Graphiquement le travail de Tessa Hulls est d’une grande maîtrise. Il n’est pas sans rappeler celui de David B ou encore de Charles Burns.