L'histoire :
Batman reste profondément marqué par l’assassinat de son ancien Robin, Jason Todd, tué par son ennemi juré, le Joker. Depuis, il a accueilli un nouveau partenaire, le jeune Tim Drake, encore en apprentissage mais déterminé à faire ses preuves. Pourtant, le justicier masqué agit le plus souvent en solitaire dans un Gotham rongé par la violence. Il y affronte ses adversaires emblématiques, comme le Joker et le Pingouin, mais aussi des figures plus atypiques telles qu’Anarky ou Catman, sans oublier les criminels ordinaires qui pullulent dans les rues de la ville. Cependant, la menace ne vient pas toujours de l’extérieur. Lorsque Batman se retrouve confronté à Amanda Waller, la redoutable dirigeante de la Suicide Squad, la frontière entre le bien et le mal devient particulièrement trouble. Pris dans des dilemmes moraux complexes, il peut néanmoins compter sur le soutien d’Alfred et du commissaire James Gordon pour ne pas perdre pied.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Cette nouvelle anthologie consacrée à Batman dans les années 90 plonge le lecteur dans une certaine perplexité. Elle s’inscrit pourtant dans une période où le Chevalier Noir est au sommet de sa popularité. Les films de Tim Burton rencontrent un immense succès auprès du grand public, tandis que les comics explorent une noirceur beaucoup plus marquée, notamment avec The Dark Knight Returns de Frank Miller ou Batman: The Killing Joke d’Alan Moore. La série scénarisée par Alan Grant et illustrée par Norm Breyfogle propose un mélange assez déroutant de ces deux approches, sans toujours parvenir à trouver le bon équilibre. Grant met en scène un Batman profondément marqué par la mort de Jason Todd, et choisit de l’entraîner dans des récits particulièrement sombres, parfois même sordides. Certaines histoires misent sur une violence brutale et choquante, comme Trash, qui se conclut par la mort d’un enfant innocent, ou L’épreuve du feu, marquée par le destin tragique d’un couple. Cette noirceur peut surprendre, voire déranger, d’autant plus que le style de Breyfogle, bien que dynamique et réaliste, s’accompagne d’une mise en couleur assez vive, créant un contraste parfois déstabilisant tout au long du recueil. Heureusement, certaines histoires se démarquent nettement. C’est notamment le cas de l’inédit Ego Trip, écrit par John Byrne, dans lequel plusieurs ennemis emblématiques de Batman se disputent la responsabilité d’un meurtre. Un concept qui n’est pas sans rappeler l’épisode culte Almost Got 'Im de Batman: The Animated Series, où ces mêmes criminels se vantent d’avoir failli vaincre le justicier. Au final, ce volume s’adresse avant tout aux collectionneurs et aux historiens du personnage. Pour les autres, il s’agit d’une curiosité, mais dont le ton et la violence ne conviendront pas forcément à tous.
