L'histoire :
Alors qu’ils sont en plein vol de mission, Flynn et Milton débattent sur la guerre et l’ennemi. Pour Milton, c’est très simple : les chauve-souris naréniennes doivent être cramées sans état d’âme mais Flynn n’est pas de cet avis. Il pense que les soldats n’ont pas le choix et qu’ils suivent les ordres des vrais salopards qui sont à la tête car ils tiennent leur vie et leur famille en otage. Milton rétorque qu’ils n’avaient qu’à se battre pour éviter que le mal gangrène leur pays mais les choses ne sont pas aussi simples et une fois que la boule de neige est lancée, elle grossit à vue d’œil et il est quasi impossible d’empêcher l’avalanche. Peu importe de toute façon : l’escadron a une mission bien précise et Flynn, Milton, Billy, Jack et Magoo ne pourront plus revenir en arrière. Et ce n’est pas la mission la plus simple car ils vont devoir voler au-dessus du territoire ennemi, à un endroit ultra protégé, et détruire le canon Titan qui fait des ravages dans leurs lignes. Vingt-huitième vol pour Milton alors que la plupart des coéquipiers ne dépassent pas la vingtaine… Espérons que ce ne soit pas le dernier !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Rick Remender revient avec un projet particulier : décrire la seconde guerre mondiale à travers des as américains représentés en… animaux ! Quand on commence la lecture du comics, on est rapidement happé par cette voix off qui incarne le héros Milton, un personnage désabusé et agressif tout autant qu’un héros de guerre. Se dessine ensuite un récit qui sent bon les films d’antan, plein de nervosité et d’actions avec un suspense à couper le souffle et pour cause… Milton doit, tout seul, faire un attentat en plein territoire ennemi façon Quand les aigles attaquent. Cependant, ce qui est le plus bluffant est le mélange subtil entre narration intense et moments d’introspection forte et profondément juste sur chaque personnage. Loin des récits plus alambiqués que livre d’habitude Remender, ici tout est savamment dosé et touche la perfection, magnifique alliage de récit de guerre et réflexion humaniste. Ne passons pas sous silence également les dessins de Daniel Acuña. Le graphisme est un véritable régal pour les yeux. L’artiste espagnol réalise l’exploit (héroïque) d’égaler le travail de Juanjo Guarnido sur Blacksad et ce n’est pas peu dire ! Ambiances différentes suivant les scènes avec des couleurs hyper travaillées, personnages zoomorphes racés et terriblement expressifs, détournements marquants des acteurs de la seconde guerre (à commencer par les nazis), on tient assurément un véritable chef d’œuvre. Quand on pense, comme le dit Remender dans la préface, que ce récit est une plongée dans l’histoire torturée de sa famille- son grand-père était pilote lors de la seconde guerre- on se dit que ce comics est la lueur d’espoir dans une mare « d’eaux saumâtres », une thérapie salvatrice et sublime.