L'histoire :
Il se barre mais ça pourrait ne pas être une bonne nouvelle. C’est pour ça que Dashiell Bad Horse est présent. Il se méfie de ce pauvre con. Y a pas plus dangereux qu’un looser qui se fait larguer par sa gonzesse… rien de pire qu’un mec qu’a plus rien à perdre.Il en sait quelque chose... Évidemment, cet imbécile est pas totalement fou. Il part sans violence et sans un regard pour Carol. Mais pas sans un mot pour Dash, plein d’ironie, car il est persuadé que lui aussi, un jour, elle l’abandonnera. Elle l’attend au pas de la porte, à moitié nue. Comme souvent, ils font l’amour, puissamment, presque amoureusement. Dash lui demande ensuite quand elle va divorcer. Carol lui explique qu’elle ne l’a épousé que parce qu’elle rêve de quitter ce trou pourri. Dash lui pose la question qui tue : pourquoi ne pas l’avoir fait avant. Et c’est bien ça le souci car elle l’a justement tenté. Il s’appelait Graham et il travaillait pour son père. Un jour, il a voulu l’emmener loin de la réserve et quitter tout ça. Il l’a payé de sa vie…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La réédition de Scalped en épais volume continue avec l’avant-dernier tome. Comme dans les meilleures séries Indé US, on freine un peu sur l’intrigue principale pour des mini récits qui reviennent sur le passé des nombreux personnages qui hantent Prairie Rose. On assiste donc, pêle-mêle, aux destins funestes et pathétiques de l’agent Nitz; à la rage de survivre de Diesel; à la poisse incurable de Dino; à la roublardise macabre de Wesley, à la servitude violente de Shunka… autant de portraits incroyables écrits au bazooka. Ce moment de l’histoire morcelée en plusieurs parties rappelle qu’au delà du talent de conteur de Jason Aaron, la crédibilité des personnages compte par dessus tout. En explorant leur passé trouble ou tragique, on comprend mieux pourquoi la mort marche dans leur sillage et on s’éloigne du manichéisme d’un récit policier ou la caricature d’un polar. Qu’on se rassure cependant : l’intrigue avance de temps en temps et il y a des événements de plus en plus spectaculaires, sombres et coup de poing. La narration au scalpel taille dans le vif et enfonce profondément la chair des personnages pour voir ce qu’ils ont dans le ventre, le tout sous fond de passé indien à la sauce moderne ! Plusieurs dessinateurs se partagent les saynètes mais il faut le reconnaître, la performance de R. M. Guéra l’emporte haut la main tant son style est choc et marquant. La crème de la crème du polar…
