L'histoire :
C’est un jour funeste pour Ruthye Marye Knoll, un jour qui change à jamais sa vie. Le jour où son père accueille le nom maudit de Krem. Tout se passe bien pendant la nuit, mais le pire arrive le lendemain matin. Un simple désaccord sur le nouveau Roi conduit Krem à sortir sa lame de kopis et à assassiner froidement celui qui lui a offert le gîte. Les six frères de Ruthye discutent alors sur ce qu’ils doivent faire : ça tape du poing, ça hurle et ça s’égosille dans tous les sens. Mais au final, personne ne veut faire quoi que ce soit. Il faut dire que Krem des collines d’Ocre est un agent du Roi et qu’intervenir aurait des conséquences désastreuses sur la famille. Ruthye écoute ce long conciliabule sans rien dire. Elle ne prend pas la parole mais prend sa décision : elle ne laissera pas la mort de son père impunie. Le soir, elle part avec sa monture et la lame qui a donné la mort à son père. Elle sent la fureur monter en elle ; et même si elle doit perdre la vie, elle fera tout ce qu’elle pourra pour venger l’honneur de sa famille. Elle est loin d’imaginer où cette quête l’emmènera…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Alors que le prochain film DC va adapter le comics Super Girl Woman of Tomorrow de Tom King, Urban réédite ce titre paru initialement en 2022. Si vous avez raté ce comics, plus d’excuse désormais car il serait dommage de se passer d’un tel monument. C’est tout simplement la meilleure histoire jamais écrite sur la cousine de Superman, et de loin. Pas seulement parce que vous n’aviez jamais vu Super Girl, ivre après avoir fêté son anniversaire. Pas que parce que le récit est bourré d’aventures trépidantes dans l’univers Space opera façon Valerian. C’est aussi parce que King propose à la fin son histoire la plus classique et la plus épurée dans l’imaginaire mais en même temps la plus complexe et riche dans l’écriture. On a le droit à un langage hautement littéraire avec des mots désuets comme « pendard, primannée, festoyer, acuité, un tantinet, outrecuidance » sans compter l’utilisation du subjonctif imparfait ou l’abondance de figures de style comme les euphémismes pleins de délicatesse. Le génial scénariste se paie le luxe de créer également des néologismes pour mieux rendre crédible l’univers SF représenté. Les personnages sont tout aussi marquants avec des scènes sublimes où Super Girl aide un père à enterrer sa fille et un final poignant qui pose le débat du bien et du mal de façon magistrale. King plonge en plus dans l’âme pure d’une super héroïne comme jamais en peignant l’essence de ce qu’est ce personnage : l’aide constante, le contrôle de soi et le sens du sacrifice. Plus généreux que le Christ, plus parfait que Superman… L’alliance avec Bilquis Evely fait des étincelles et le graphisme tout en hachures et bourré de détails fait des merveilles. On ne sait pas de quoi sera fait son adaptation au cinéma mais on sait que ce comics est tout simplement un pur chef d’œuvre… pour sûr !