L'histoire :
À la vitesse de la lumière, la pensée s’est aussi accélérée. La réalité s’étire jusqu’aux limites élastiques de l’espace et du temps. Et l’esprit, dévalant comme un bobsleigh des tunnels de verre filé est capable de s’ajuster, de compenser. Il devint un énième photon se déversant dans les banques de données du système informatique de Washington. La Créature du Marais s’est mue numériquement. Elle se traduit en pure information, en logiciel vivant parfaitement adapté à un environnement composé de matériaux électroniques et de silicium. Son histoire entière est maintenant devenue un code binaire. Accessible visuellement, elle devient instantanément compréhensible. Comme les responsables de sa mort à Gotham City, Wicker, Cutley, Foley, Skinner, en ont tous payé le prix. Tous sauf un. Le concepteur de l’arme qui a abattu la Créature du Marais : Lex Luthor. Elle décide donc de se rendre à Metropolis pour se charger de lui, même si cela signifie de devoir traiter avec Luthor. De son côté, Clark Kent et une multitude de journalistes sont présents pour une conférence de presse sur le toit-terrasse du Daily Planet, à l’initiative de Superman. Quand tout à coup, Clark remarque avec sa super vision qu’une entité étrange grimpe la façade du bâtiment Lex Corp. En un instant, il se transforme en Superman pour intervenir. Quelques minutes plus tard, une nouvelle forme apparaît sur l’immeuble de Lex Luthor...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après la refondation opérée à la fin des années 1980, ce Superman Chronicles 1989 – Tome 1 s’inscrit dans une phase charnière de l’histoire moderne de l’Homme d’Acier. Loin de toute rupture brutale avec le passé, le recueil témoigne au contraire d’une remarquable continuité, tant sur le plan narratif que thématique. Si John Byrne a quitté la scène, l’univers qu’il a contribué à façonner demeure intact, solidement encadré par une direction éditoriale soucieuse de cohérence et de stabilité. Le résultat est donc un Superman installé dans un monde crédible et vivant. Sous les plumes de Jerry Ordway et Roger Stern, les récits prolongent cette vision en approfondissant autant le héros que son environnement. Metropolis n’est plus un simple décor, mais un organisme à part entière, peuplé de figures dont les trajectoires s’entrelacent avec celle de Superman. L’album alterne ainsi épisodes introspectifs, récits de société et sagas cosmiques, jusqu’à basculer dans un arc majeur : l’exil volontaire de Superman. Ce choix narratif audacieux permet d’explorer la culpabilité, le doute et la responsabilité d’un héros conscient de son propre pouvoir destructeur, tout en laissant la ville évoluer sans lui. Graphiquement, l’ensemble reste fidèle aux standards solides de la fin des années 80 : une narration claire, efficace, portée par des artistes qui privilégient la lisibilité. Sans chercher l’esbroufe, le dessin sert pleinement le propos.