L'histoire :
La tension est palpable, les deux groupes se font face. Comme chaque jour, les dessins sont partiellement remplacés pour protéger les bâtiments et les internes qui sont à l'intérieur, par des étranges billes blanches de l'extérieur, car il semble qu'il n'y ait que des dessins particuliers qui puissent les repousser. Ce matin, c'est Max et Solveig qui traversent entre les bâtiments pour se rendre de l'autre côté. Elles peuvent passer, elles sont attendues. Mais dès qu'elles ont terminé on leur demande de partir. Avant de faire demi-tour, Max et Solveig, et les deux autres filles du clan adverse échangent quelques mots. Quelle déception de les voir rejoindre le mauvais groupe ! Mais pour les filles en face, elles ne peuvent tolérer que le clan de Margot ait enfermé dans un placard, leurs amies qui auraient potentiellement étaient contaminées ! Solveig doit passer un message à Margot : Dan veut la voir. Régulièrement, chaque groupe fait une liste pour effectuer du troc. Solveig voudrait récupérer son arc, mais Margot ne voit pas vraiment contre quoi elles pourraient l'échanger. Et puis, elle a autre chose à faire : elle doit continuer ses investigations pour comprendre l'étrange phénomène dont elles sont victimes...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La série Yon, prévue en quatre tomes, touche à sa fin avec cet avant dernier opus. Là-encore, l'autrice Camille Broutin franchit un cap, et propose un tome encore plus en tension que les autres. Deux groupes se sont formés et s'affrontent régulièrement, verbalement, et même physiquement. Nous sentons que tout peut exploser à n'importe quel moment. L'ambiance fantastique est toujours présente, mais c'est davantage sur l'affrontement entre les groupes, les dynamiques qui se créent, et la violence qui s'installe, que l'autrice focalise son attention. En début d'ouvrage, une page remet en perspective les visages et les noms des filles de chaque groupe, et les victimes du phénomène. Cela nous permet de nous repérer plus facilement dans notre lecture, mais aussi de voir les rapports de force qui s'installent, car les groupes sont disproportionnés. Les personnages ont évolué, la situation d'urgence et leur temps d'adaptation est terminé, elles doivent maintenant faire face aux conséquences de leurs choix. On y retrouve un peu une ambiance de Sa majesté des mouches, dans cette auto-gestion de groupe par des enfants, avec une violence latente qui nous pose la question suivante : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour survivre ? L'autrice apporte quelques petits éléments manquants au puzzle du récit, mais beaucoup d'éléments restent encore sans réponse. Le grand final devrait s'avérer épique, et nous espérons que nous y trouverons toutes les réponses que nous attendons.