parution 11 mai 2011  éditeur Bamboo  collection Grand angle
 Public ado / adulte  Thème Guerre, Esotérique

L' Oeil des dobermans T1

Pour la gloire du diable

Sur le front, en 1918, un archéologue autrichien sauve le caporal Hitler. 20 ans plus tard, le Führer le recrute de force pour une expédition prouvant la supériorité de la race aryenne. Mise en bouche d’une aventure de guerre… différente.


L'Oeil des dobermans T1 : Pour la gloire du diable (0), bd chez Bamboo de Ordas, Cothias, Zanat, Saint Blancat, Hirn
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Bamboo édition 2011

L'histoire :

En octobre 1918, dans une tranchée du côté de Werwick, par une météo exécrable, un caporal allemand peine à s’extirper d’un trou d’obus. Alors qu’il craint de glisser et de mourir enseveli par la boue, la main d’un compagnon l’extirpe de là et lui conseille d’enfiler vite fait son masque à gaz. Effectivement, dans les secondes qui suivent, des émanations de gaz moutarde rongent les muqueuses des deux hommes, qui rejoignent tant bien que mal leur tranchée. Le caporal, un dénommé Adolf Hitler, restera aveugle près de 6 mois. Son sauveteur, un archéologue autrichien nommé Arno Ixks, se repent de ce fait de guerre auprès de ses amis, lorsqu’en mars 1938 l’Allemagne annexe l’Autriche. Lors d’une soirée autour d’un bon feu de bois, ils partagent tous leurs craintes sur l’expansionnisme d’Hitler et l’ampleur des moyens qu’il met en œuvre pour parvenir à l’épuration raciale. Soudain, on toque à la porte. C’est la Gestapo, qui somme Ixks de les accompagner car le Führer le convoque sur le champ. Ixks n’a guère le choix et il se retrouve quelques minutes plus tard dans le bureau d’Hitler, en compagnie de sombres individus : Göring, Himmler, Goebbels, Heydrich… une belle brochette de frustrés particulièrement dangereux. Sans se départir de sa morale, Ixks tutoie et méprise ouvertement Hitler, ce qui a le don de le faire enrager. Mais le Führer a besoin de lui pour une mystérieuse mission archéologique… au Tibet ! Là non plus, Ixks n’a pas le choix : il en va de la vie de ses amis…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

La fascination d’Hitler pour l’occultisme a nourri nombre fantasmes de scénaristes ! Ici encore, le duo Patrick Cothias et Patrick Ordas (qui adapte son propre roman) creuse ce sillon, à travers cette nouvelle série prenant pour contexte les prémices de la seconde guerre mondiale. Ils imaginent que la quête d’objets sacrés de chaque civilisation constitue un grand projet d’Hitler pour justifier et renforcer ses velléités d’épuration ethnique, en prouvant que la race aryenne est supérieure aux autres. Cela passe, pour le héros, ersatz autrichien d’Indiana Jones, par une expédition du côté de l’Indus tibétain. Dans le « ventre du monde », il devra se mettre sur la piste des premiers aryens, survivants du cataclysme qui ravagea dans la nuit des temps Ultima Thulé, capitale de l’hyperborée. Il faut toutefois attendre la toute fin de ce tome d’exposition, qui prend judicieusement le temps de poser le contexte et les idéologies de chacun, pour découvrir cette problématique de départ… dont le gros des développements reste à venir dans les 2 prochains tomes de la trilogie prévue. En attendant, sur cette thématique rebattue, la narration délaisse les sentiers battus, et ça c’est plutôt un bon point. Les dialogues sont appliqués et les développements se découvrent avec intérêt. Notamment, l’introduction originale interloque un chouya, en montrant un caporal lambda être sauvé in extremis d’une tranchée (ouf, le pauvre), avant d’apprendre qu’il s’agissait d’Hitler jeune (oups, la bourde). Le dessin est confié à Beb Zanat, qui avait déjà montré de belles choses à travers les 2 tomes de Kim. Ici encore, au sein d’un découpage dense et impeccable, ses encrages réalistes sont appliqués et précis. Il lui manquerait juste un soupçon de personnalité pour vraiment « crever la planche »…