Arnold et Rose, bd chez Casterman de Piquet ©Casterman édition 2012

Arnold et Rose

Arnold et Rose vivent tous deux dans une campagne reculée. Mûr et ambitieux, Arnold rêve de gloire littéraire. Rose, elle, solitaire et orpheline, va l’encourager dans cette voie. Un récit intimiste qui se cherche.

L'histoire : Dans une campagne reculée au pied des montagnes, vivent deux enfants solitaires, Rose et Arnold. Très mûrs pour leur âge, ils ont toutefois des personnalités bien différentes. Après avoir dévoré la bibliothèque de son père, Arnold rêve de gloire littéraire, de poésie et de livres à écrire. Tandis que Rose, vive et curieuse mais aussi marginale et orpheline, est plus effacée, plus indifférente à son sort. Lire et écrire pour Arnold, c’est d’une certaine manière fuir l’éducation stricte et autoritaire de son père. Se soumettre aux ordres est devenu pour lui un réflexe, mais aussi un fardeau. La littérature est son espace de liberté, le lieu où il peut donner libre-cours à son imaginaire. Rose, elle, qui vit mal le décès de sa mère, à tendance à s’ennuyer en compagnie des enfants de son âge. A la fois semblable et diamétralement opposée à Arnold, elle va peu à peu trouver en lui un confident privilégié et une épaule sur laquelle s’appuyer. Et à son tour, elle va l’encourager à atteindre son idéal…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Gabrielle Piquet s’était fait remarquer par Les enfants de l’envie, joli petit récit sur les villes françaises ayant accueilli un camp militaire américain après la Seconde Guerre mondiale. Dans Arnold et Rose, la guerre est toujours présente en toile de fond, mais elle n’est que le décor suggéré d’une histoire d’amitié forte et erratique, qui réunit deux êtres mûrs et solitaires. L’occasion pour l’auteure d’évoquer quelques thèmes : l’attachement pour autrui, le rôle de l’éducation dans le conditionnement des individus, les désirs individuels contrariés par l’Histoire collective… A l’aide d’un dessin fluide et transparent, en traits fins et sans bordures de case – épuré pour les uns ou trop sommaire pour les autres – et ponctué ici ou là d'aplats noirs, Piquet livre une interprétation graphique toute personnelle en tentant de restituer la douceur d’une relation naissante, pour brosser au final deux portraits sensibles. Seulement voilà : on peine à rentrer dans l’histoire, à aimer ces personnages qui manquent de consistance, avec la désagréable impression d’un récit survolé. Paradoxalement, les textes et dialogues, peut-être trop travaillés et privés de dynamisme, finissent par ennuyer. On aurait aimé une cadence plus enlevée ou passionnée. Reste le sentiment d’un récit qui ne décolle pas, la faute aussi à une intention narrative brumeuse. Bien vu, toutefois, le petit twist final qui éclaire avec malice le contexte historique et donne sens au reste de l'histoire. Sincère de A à Z, mais peut-être trop sage, Arnold et Rose trouvera néanmoins son public. Surtout si vous aviez apprécié Les Enfants de l’envie.

  • scénar dessin


28 juin 2012



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Arnold et Rose, bd chez Casterman de Piquet ©Casterman édition 2012

06 juin 2012

Casterman

Ecritures

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9782203043602

ado / adulte

Chronique sociale

Arnold et Rose série terminée en France
1 album paru, 1 prévu