parution 08 avril 2009  éditeur Casterman  collection Ligne d’Horizons
 Public ado / adulte  Thème Historique, Horreur

Helldorado T3

Todos enfermos !

Tandis qu’une maladie décime les troupes, conquistadores et indiens rivalisent toujours d’ignominie. C’est alors qu’un jeune indien pose les bases d’un dialogue. Dénouement aussi soudain que singulier, d’une aventure plus vraiment historique…


 Helldorado T3 : Todos enfermos ! (0), bd chez Casterman de Miroslav Dragan, Morvan, Noé
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Casterman édition 2009

L'histoire :

Au XVIe siècle, sur une île sauvage des Antilles, au large de l’Amérique du sud, une terrible épidémie décime deux peuples antagonistes : les indiens Syyanas locaux et les conquistadores espagnols envahisseurs. Quelle que soit leur ethnie d’origine, les malades se couvrent de plaques rouges, puis de bubons, puis ils saignent par les pores de la peau, avant de mourir dans d’horribles souffrances. Or chaque belligérant se sert de la maladie comme d’une arme pour éradiquer l’autre, et tous rivalisant d’ignominie en la matière… Ce jour là, un groupe de guerriers Syyanas attaque la pouponnière des blancs. Sans scrupule, ils massacrent les nourrices et enlèvent les bébés, qu’ils rapportent à leurs « savants ». Dans leur QG, ces derniers placent les bébés un à un dans un immense concasseur précolombien et activent leur infâme machine. Les bébés sont broyés dans la seconde et quelques décilitres de sang s’échappent alors d’un petit tuyau vers un joli verre sculpté : ce breuvage est une énième tentative pour soigner la princesse Initsii… Pendant ce temps, Hutatsu, lui aussi atteint par la maladie, passe un curieux pacte avec l’ennemi. Contre toute attente, il parvient à convaincre 4 espagnols de le suivre jusqu’à une grotte où s’amoncelle des cadavres de conquistadores. Le capitaine Abatirso, un fou de Dieu, leur avait pourtant promis un rapatriement vers l’Europe pour y être soignés…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Au cours des deux premiers tomes, les scénaristes Jean-David Morvan et Miroslav Dragan (alias Michel Dufranne) se sont employés à nous plonger au cœur de l’enfer, mettant en place une situation des plus abominables. Petit instantané pour faire saliver : tandis qu’une maladie répugnante décime indissociablement les troupes, les conquistadores s’appliquent à un génocide sans faille, les indiens rivalisent d’ignominie via des sacrifices rituels, et d’aucun ne font de scrupule pour exterminer les malades, de la plus ignoble des manières. Dans cette belle harmonie, nous retrouvons nos 4 protagonistes principaux là où nous les avions laissés. Abatirso poursuit son hideuse conquête (on découvre aussi dans un flashback les conditions de son départ). La princesse Initsii est hors-jeu, désormais trop atteinte pas la maladie. Dathcino s’affranchit étonnement des tests médicaux des espagnols. Le gros du dénouement est alors assuré par Hutatsu, qui se met soudain à dialoguer avec l’ennemi et pose ainsi les bases d’une reconstruction, d’un avenir mutuel. Or, pour tout avouer, ce dénouement heureux fait un peu tache. On passe en effet subitement d’une situation de haine et d’aversion réciproques totales, à une phase de dialogue, de respect et de confiance, à une époque où les concepts de tolérance interculturelle, d’intégration, sont des utopies. Comment un sauvage adolescent peut-il rationnellement accéder à une fibre diplomatique et politique particulièrement acérée et emporter tout le monde dans son élan ? Ce qui est aussi très curieux, c’est le vocabulaire utilisé par cette population précolombienne, aussi bien pour désamorcer les conflits, que pour qualifier la maladie : « Tu as été vacciné… grâce aux cellules souches… » Trop fort, ce Pasteur ! Ces incohérences / commodités narratives pèsent décidément trop lourd dans cette fin de cycle (ou fin de série ?) pour réussir à convaincre. Reste le joli boulot graphique d’Ignacio Noé, toujours agréable. Son dessin réalisé à la palette infographique est ensuite retouché et affiné sur écran par diverses techniques assurées et maîtrisées, puis colorisé à l’aide de teintes astucieuses et originales, pour un rendu final convaincant et novateur. Par certains aspects, on peut comparer cela à une sorte d’expressionisme moderne… Comme quoi, malgré la prolifération des ouvrages et des styles, il est toujours possible d’innover avec bonheur.

voir la fiche officielle ISBN 9782203023277