parution 11 septembre 2013  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Policier

L' Homme qui assassinait sa vie

Un ex-taulard grignoté par la vengeance, un privé raté, un vieux commissaire et une poignée de crétins mêlent, pour le pire, leur destin entre Bordeaux et Toulouse. Une adaptation jubilatoire du roman éponyme de Jean Vautrin.


L'Homme qui assassinait sa vie, bd chez Casterman de Moynot, Vautrin
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Casterman édition 2013

L'histoire :

François-Frédéric Frey, dit FFF, a 43 ans. Il pleut. Il sort de prison après une visite de 3 ans et choisit pour premier abris, histoire d’être raccord avec sa vie pourrie, un hôtel bien miteux. Gus Carape a 56 ans. Il est enquêteur privé en mal de clientèle et s’emmerde tout autant qu’il n’a plus un rond à aligner pour payer son loyer. FFF a une grosse mallette de billets. Il en prend une poignée, échoue dans un bar de seconde zone de Bordeaux et se fait livrer un bon gros calibre, histoire de faire quelques petits trous dégoulinant. Pendant ce temps, Carape s’achète une fiole de Gin qu’il sirote sur un banc. Ces deux-là ne se connaissent pas encore et pourtant FFF picole lui aussi non loin de là. Tous deux sont au fond de la piscine avec une envie différente d’y rester. Carape imagine piquer des trucs dans un Château du vignoble pour se refaire la cerise. FFF a dans l’idée de présenter quelques additions, avec les intérêts d’avoir encaissé de la prison pour fausses factures, abus de biens sociaux et tout le tralala. En ligne de mire, ses ex : ex-famille, ex-femmes et ex-beau-papa. Gus et François-Frédéric finiront par faire cause commune pour le pire et pas le meilleur. Et d’ici là, d’autres (commissaire, gendarmes, communiste, clébard, autiste et malfrats) croiseront leur route pour le pire et moins souvent du tout bon…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Après Canicule (par Baru), c’est au tour d'un autre roman de Jean Vautrin, L’homme qui assassinait sa vie de poursuivre le savoureux jeu de l’adaptation par de talentueux auteurs de bande dessinées. Cette fois, donc, c’est Emmanuel Moynot qui se glisse dans les chausses de ce polar déjanté publié en 2001. Et ce, avec un plaisir non dissimulé de mettre en scène une belle bande de crétins. En haut de la liste, le protagoniste central : François-Frédéric Frey (FFF pour les intimes) à peine sorti de prison pour escroquerie et autres malversations, chevillé par la rage de faire couler le sang de la vengeance à coups de gros calibres et au rythme du gros bouillon de ses frustrations. Ensuite, Gus Carape, un privé raté qui cherche un second souffle et qui fera pourtant tout pour se noyer. Enfin, un commissaire qui enfile le costume de salopard comme pas deux, un politicard à gros melon, des femmes chaudes comme la braise, une famille de transporteurs cons comme des pointes, une communiste, un autiste queutard et des gendarmes aussi peu malins que feignasses. Bref, une sacrée brochette à laquelle on ajoutera même un chien qui pue et qui picole du whisky comme un grand. Restera juste à faire croiser les routes et les destinées malheureuses de cette conspiration de bras cassés, au rythme d’un road-movie cadenassé par l’envie que tout se barre gentiment en sucette. Bordeaux et ses environs, l’autoroute reliant la capitale Aquitaine à Toulouse, des parkings de stations services peu ragoutants, serviront sans complexe de terrain de jeu à nos copains, pour une mise en scène du désespoir savoureusement servie. Moynot découpe aux petits oignons cette virée sanglante, lui donnant un rythme jubilatoire et confiant à la verve de Vautrin des dialogues qui claquent diablement. Accompagné par un dessin efficace, servi par une bonne colorisation, ce récit noir happe sans frémir. En prime, il offre à son lecteur le plaisir malsain d’aimer que tout cela se termine comme tout avait commencé : douloureusement. Bref, délicieux…

voir la fiche officielle ISBN 9782203068612