parution 15 mai 2013  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Guerre, Fantastique - Etrange

Virginia T1

Morphée

Hanté par le fantôme d’une fillette qu’il a malencontreusement exécuté, un soldat yankee est à la dérive. Mise en place d’un western psychologique bénéficiant d’un enthousiasmant traitement graphique…


 Virginia T1 : Morphée (0), bd chez Casterman de Gauthier, Blary
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Casterman édition 2013

L'histoire :

En janvier 1863, une diligence fait route vers Lake Providence. A son bord, Doyle, un homme blond, barbu, au regard fixe et vide. Peu causant, il échange tout de même quelques paroles avec le cocher sur la guerre de sécession qui fait rage. Une fois arrivé, il consulte un médecin, pour une cicatrice à la jambe, qui le lance. Il ressort avec un peu de laudanum. Au saloon il prend une chambre, achète une bouteille de whisky et méprise les putes qu’on lui propose. La nuit suivante, il braque le cabinet du médecin pour récupérer de la morphine, puis s’en retourne au saloon. Son attitude de saoulard violent énerve alors le propriétaire, qui le fait jeter dans sa chambre. Seul dans le noir, il se fait une injection de morphine et se souvient de l’évènement qui l’a plongé dans cet état de mort-vivant. Alors qu’il était caporal et tireur d’élite chez les yankees, Doyle avait eu un général confédéré dans son viseur. L’ordre de tirer avait été donné, au moment où le gradé tenait sa fille dans les bras. Doyle avait hésité et avait appuyé sur la gâchette. Le père et sa fille s’étaient écroulés, morts. Depuis lors, la fillette le hante à chaque instant de sa vie. Dans sa chambre d’hôtel, Doyle sort de sa torpeur juste à temps. Car le médecin a constaté l’infraction et a alerté le shérif, qui débarque au saloon. Doyle s’enfuit par le balcon…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Prévue en trilogie, Virginia se présente comme un western psychologique prenant pour contexte la guerre de sécession américaine. Au scénario, Séverine Gauthier retrace la perdition d’un ancien soldat meurtri, qui ne se remet visiblement pas de l’exécution d’une fillette. Dépendant à la morphine et à l’alcool, il ne risque évidemment pas de se débarrasser du fantôme de sa petite victime. Trouvera-t-il la voie de la rédemption ? Cherche-t-il autre chose, alors qu’il traine sa déchéance ? La narration est avare en dialogues et en encadrés narratifs. L’alternance des époques auxquelles se déroule l’intrigue se révèle un parfait alibi pour permettre au dessinateur Benoît Blary d’entrelacer deux styles graphiques à la complémentarité vraiment intéressante. D’une part, pour l’intrigue au présent (la dérive), Blary emprunte un dessin encré et complété d’un lavis particulièrement mature ; d’autre part, les scènes en flashback (l’origine de la dérive) sont traitées aux crayons de couleurs, avec des associations de teintes dérangeantes. Dans tous les cas, le scénario de Gauthier laisse énormément s’exprimer une mise en scène cinématographique éloquente, avec des angles de vue osés et maîtrisés, des plongées avec beaucoup de profondeur, des vues subjectives… Cela s’accompagne d’un gros travail sur la lumière et la restitution du blanc du papier, en marge d’une colorisation en limite permanente de bichromie. Les teintes ocre-glauques poussiéreuses et charbonneuses finissent d’accorder la rudesse de l’époque avec la torture psychologique que vit le personnage principal. Une mise en bouche accrocheuse, en tout cas…

voir la fiche officielle ISBN 9782203047808