parution 18 février 2011  éditeur Dargaud  Public ado / adulte  Thème Historique, Politique

La Mano T1

Montefiorino

Dans les années 60, en Italie, la naissance d’un groupuscule activiste révolutionnaire créé par une bande de copains. Amours, amitiés, intrigue à petit suspens, Histoire, joli dessin et personnages attachants : un début convaincant.


La Mano T1 : Montefiorino (0), bd chez Dargaud de Thirault, Pagliaro
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Dargaud édition 2011

L'histoire :

Mars 1965, Montefiorino, région d’Émilie-Romagne, Italie… Ils sont cinq copains, la vingtaine : Aristofane, Dina, Raffaela, Piero et Sandro. Profitant de la douceur de la soirée, ils prennent quelques verres en terrasses en écoutant les résultats de l'eurovision. La magie de l’instant est simplement gâchée par la présence de Carlo Bergomi, un propriétaire viticole connu pour exploiter des travailleurs clandestins. Bref, une belle ordure qui mériterait de subir la vindicte de la Révolution. Mais les amis sont conscients qu’avant que le Grand Soir ne pointe son museau, Bergomi aura passé l’arme à gauche depuis bien longtemps. En attendant, Aristofane propose de lui faire un tour à leur façon. Aussi, se rendent-ils aux abords de son domaine, décidés à utiliser le bonhomme pour mettre en œuvre leur premier acte de justice prolétarienne. Piétinant leurs ultimes réticences, ils incendient la maison du vieux salaud et, dans la bataille, parviennent même à lui barboter une caissette remplie de pièces d’or. Poussés par la montée d’adrénaline que leur exploit vient de leur procurer et à la tête, désormais, d’un petit magot, ils imaginent former un mouvement activiste. Reste à trouver des armes, un sigle et un nom. Le lendemain, tous se mettent d’accord pour appeler leur groupe « la Mano ». Chacun aura pour nom de guerre l’un des doigts en rapport avec sa personnalité : Pollice (Sandro), Indice (Piero), Anulare (Raffaela), Mignolo (Dina) et Medio (Aristo)…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

On a appelé les « années de plomb » une période allant de la fin des années 60 à la fin des années 80, marquée par l’émergence en Europe de l’ouest d’un activisme politique violent. En Italie, le paroxysme du phénomène sera notamment atteint en 1978, avec l’assassinat du responsable politique Aldo Moro par les Brigades Rouges. Nourrie par ce contexte géopolitique si particulier (une piqure de rappel historique nous est d’ailleurs judicieusement administrée en postface), la mise en place de cette nouvelle série nous permet d’assister à la naissance d’un de ces groupes activistes (ici purement fictif) : La Mano. Ici ce sont cinq amis d’enfance (les 5 doigts de la main…), idéalistes, conspuant le bourgeois, crachant sur le réac’ et haïssant le facho qui, en 1965, du fond de leur ville de Montefiorino, passent le pas. D’abord presque-potache, sous la pression de leur leader, l’action se radicalise, laissant éclater le groupe et chacun faire son chemin. Quoique… Au-delà, il s’agit d’observer un groupe de copains : les histoires d’amour, la force de l’amitié, le militantisme à géométrie variable, la délicieuse alchimie des caractères… Enfin, l’ensemble est intelligemment corseté par un petit suspens, mis en scène par le flashforward qui ouvre l’album et réactivé par les dernières planches de cette première partie. C’est d’ailleurs cet entrelacs (contexte historico-socio-politique, amours/amitiés et intrigue à petit suspens) qui fait toute la force du récit. La narration en voix-off par l’un des protagonistes renforce le coté nostalgique de l’ensemble. Même chose pour le coup de crayon ou les cadrages et la douceur de la colorisation, qui caressent l’œil juste ce qu’il faut. Bref, une excellente mise en bouche, qui plus est tout à fait crédible, rendant impatient de ses prolongements.

voir la fiche officielle ISBN 9782205064247