La Peau de l'ours, bd chez Dargaud de Zidrou, Hernandez ©Dargaud édition 2012

La Peau de l'ours

Au crépuscule de sa vie, un vieil aveugle raconte son passé dans le sillage d’un mafieux et sa tragique histoire d’amour. Un récit 100% sublime : tendre et cruel, drôle et cynique… génial Zidrou !

L'histoire : Ce matin, comme tous les matins, Amadeo monte en vélo la petite colline de l’île de Lipari, afin de rejoindre la propriété de Don Palermo. Ce matin, comme tous les matins, Amadeo repousse au passage les avances de Silvana, la fille du garagiste, qui « a le feu au cul ». Ce matin, comme tous les matins, Amadeo crève aussi un pneu de son vélo. Le vieil aveugle habite seul et apprécie rien tant que la compagnie du jeune homme qui lui sert son café et lui lit l’horoscope, rubrique Taureau, paragraphe Amours. Depuis 75 ans, Don Palermo attend un message codé de son amour de jeunesse, Mietta. Il ne sait pas précisément lequel, mais il le reconnaîtra à coup sûr. A la demande d’Amadeo, Don Palermo entame le récit de son histoire d’amour, une histoire romantique, tragique et… sanguinaire. Alors qu’il était adolescent, ses parents travaillaient pour un petit cirque ambulant, au sein duquel il était devenu montreur d’ours. Roosevelt, son ours, était son seul véritable ami. Un jour, la petite troupe avait accepté une prestation pour l’anniversaire de Don Pomodoro, un parrain de la mafia. L’horrible personnage avait alors tiré une balle dans la cervelle de Roosevelt, juste parce qu’il n’avait encore jamais tué d’ours. Fou de rage, Palermo avait bien failli y passer aussi… mais il était rentré dans le rang in extremis. Par lâcheté, il s’était alors mis au service de ce mafieux sanguinaire qui avait besoin de tuer une personne par jour. Secrètement, il s’était juré de venger le meurtre gratuit de Roosevelt. C’est ainsi qu’il avait fait la connaissance de Mietta, la petite-fille de Don Pomodoro. Elle était entrée un jour dans la pièce où il prenait son bain, et s’était placidement mise à lui faire la lecture du premier chapitres des Raisins de la colère de Steinbeck…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Dans le registre des one-shot, Zidrou (l’un des papas de Ducobu) avait déjà frappé un grand coup en livrant le bouleversant Lydie. Avec cette Peau de l’ours, une histoire d’amour, de mafieux, de vengeance et de trahison, il récidive dans un registre sensiblement différent, mais toujours dans une veine d’excellence. Le ton de la narration est presque badin et sans cesse rehaussé d’exquises pointes d’humour. Notons toutefois qu’en raison de certaines répliques un peu crues, du cynisme des situations et de la violence des actes, l’album est à réserver (disons) aux plus de 16 ans. Cela débute néanmoins dans un paisible cadre méditerranéen ensoleillé : une relation d’amitié s’est nouée entre un vieil aveugle et son jeune auxiliaire de vie. Les séquences dialoguées entre ces deux héros ordinaires servent de transitions pour livrer le cœur du récit, extraordinaire : les souvenirs du vieux en flashbacks et donc presque entièrement en voix off. On découvre alors une vie tumultueuse dans le sillage de la mafia, puis l’idylle naissante entre Amadéo et Mietta, qui fait un parallèle contrasté et cruel avec la noirceur d’âme du parrain Don Pomodoro. Ce personnage méphistophélique et charismatique est véritablement fascinant. D’autant plus qu’Oriol le campe avec un teint rougeoyant et un nez d’une improbable longueur « pinocchienne ». Il est un diable, à la fois l’ennemi et le mentor, qui mène les débats et magnétise un paroxysme d’ignominie. Petit à petit les promesses du passé, les trahisons et les lâchetés se dévoilent et rejoignent le présent, pour un final magnifique empreint de nostalgie. Sur cette partition sensible, Oriol (Hernandez) montre un coup de crayon stylisé et anguleux aussi maîtrisé qu’original, complété par une colorisation franche et décalée. Les personnages ont des physiques incroyables, d’une belle expressivité et évoluent via des cadrages savants au sein d’un découpage idoine. On est happé comme rarement, par un récit d’une grande humanité : made in Zidrou…

  • scénar dessin


1 juillet 2012



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les avis des terriens

  • Surprenant ! 7 octobre 2013

    Je ne connaissais pas vraiment Zidrou et je dois dire que ses scénarios sont vraiment réussis! D'une histoire assez banale somme toute, il arrive à tirer le meilleur, à maintenir le lecteur en haleine et même à faire passer un vieux mafioso pour quelqu'un d'assez sympa... Chapeau!

    Damien

  • Horoscope : Ours, attention on vous veut du mal... 19 avril 2013

    Tous les jours, Amadeo vient lire l'horoscope à Dom Palermo, un vieil homme seul, aveugle, attendant sa fin et un improbable message dans l'horoscope du journal. Pourquoi ? Le vieil homme vient à lui raconter sa seule et unique histoire d'amour : Comment, alors gamin, travaillant dans le petit cirque familial comme montreur d'ours, il rencontre, lors d'un spectacle, Don Pomodoro, un mafieux local toujours soucieux de tâcher son costume blanc par du sang avant que le jour ne se couche... Et comme ce parrain n'avait jamais tué d'ours, il faut bien un début... Pour Dom Palermo, qui a juré de venger la mort de son ours, commence alors une nouvelle vie dans l'univers mafieux et il rencontre alors la fille de Don Pomodoro... et en tombe amoureux... Une belle histoire d'amour, d'attente, de vengeance avec en toile de fond un récit de polar noir. La couverture (magnifique !) donne le ton et les dessins qui nous montrent des "gueules", qui me rappellent les meilleurs films mafieux... A lire !

    Philippe

  • Oui, on peut la vendre... 20 décembre 2012

    Très belle bande dessinée signée Zidrou (Ducobu, plus récemment Les Folies Bergères), qui nous emmène en Italie, où un jeune homme rend visite, comme chaque jour, à un vieil aveugle pour lui lire l'horoscope. Un scénario incroyable, un dessin original d'Hernandez, de nombreuses références littéraires (Steinbeck) mais aussi historiques (mafia italienne). Une réussite !

    Tommy

  • Une critique au poil ! 25 septembre 2012

    Cet album raconte la rencontre entre un jeune garçon : Amadeo et le vieil homme aveugle qu’il assiste au quotidien. Qui pourrait croire, que ce vieillard fut tour à tour, circassien dans l’Italie des années trente, montreur d’ours au Etats-Unis puis pris en main par un chef mafieux ? Un magnifique récit de vie plein d’amour, de trahison, de vengeance et de morts, puissant et violemment humain servi par un dessin anguleux qui appuie à merveille le ton drôle et parfois grinçant de cette fresque romanesque. Lydie Zidrou nous propose là un nouveau one shot à découvrir sans tarder…

    Gael

  • Excellent scénario 9 septembre 2012

    En suivant les avis dithyrambiques des critiques et de mon libraire sur "la peau de l'Ours", je me suis lancé dans l'achat de ce one shot. Et après la lecture, je dois dire que je ne le regrette pas. En effet, les auteurs ont réussi à créer une histoire d'une richesse incroyable en (seulement) 62 pages. Romance, violence, trahison, tous les ingrédients des fictions de gangsters sont réunis dans cet album qui se distingue grâce à des personnages charismatiques et complexes. L'histoire est véritablement une réussite et nous réserve des rebondissement jusqu’à son dénouement. J'ai néanmoins été moins emballé par le dessin qui présente des personnages tout en longueur et des traits anguleux. Je préfère les dessins plus classiques et réalistes. Affaire de goût... pas de quoi gâcher ce superbe scénario cependant. Au final, "la peau de l'ours" est une excellente BD, captivante grâce à une histoire et des personnages d'une grande profondeur.

    Vincent

  • Une surprise... 22 juillet 2012

    Cette BD a un coup de cœur en logo sur la couverture dans ma librairie alors je l'ai lue. J'ai beaucoup aimé le dessin, original et travaillé. Le dessin est en osmose avec les personnages. Je confirme aussi le fait que c'est une BD réservée aux adultes. C'est une histoire tragique d'un amour impossible mais le côté trop cru de l'histoire m'a un peu dérangée (tuer quelqu'un quotidiennement par exemple : une réelle nécessité dans le scénario ?). Cela renforce évidemment l'opposition du mal et du bien des personnages mais ce manichéisme est mis à mal par la fin et la chute de la BD. J'ai passé un bon moment tout de même et j'ai été surprise d'être ainsi saisie par ce récit.

    Avanella


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sur


La Peau de l'ours, bd chez Dargaud de Zidrou, Hernandez ©Dargaud édition 2012

06 juillet 2012

Dargaud

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9782505011378

ado / adulte

Policier

La Peau de l'ours série terminée en France
1 album paru, 1 prévu