parution 02 octobre 2015  éditeur Dargaud  Public ado / adulte  Thème Historique

Le Maître d'armes

Des années après avoir renoncé à sa charge, l’ancien maître d’armes de François 1er reprend du service pour aider un ami à sécuriser une Bible traduite en français. Un one shot moyenâgeux magnifique, violent et humaniste.


Le Maître d'armes, bd chez Dargaud de Dorison, Parnotte
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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©Dargaud édition 2015

L'histoire :

En 1531, Papistes et partisans de la Réforme s’étripent à travers l’Europe. Les ténèbres du Moyen-Âge luttent encore contre les lumières de la Renaissance. En France, loin de ces considérations, un homme vit par et pour le fer de l’épée. Hans Stalhoffer, maître d’armes du Roi François 1er, remet chaque année sa charge lors d’un duel. Pris au dépourvu par son prétendant, le comte de Maleztraza, Stalhoffer est contraint à un « match nul » assez traumatique puisque, sa gorge percée sur la largeur, il réussit à percer quant à lui la bouche de son adversaire au milieu des joues. Aucun des deux n’a perdu, mais Stalhoffer rend sa charge et disparaît en Province, à la grande fureur de Malestraza. 4 ans plus tard, Gauvin, le chirurgien du Roi et ami de Stalhoffer, qui lui a sauvé la vie en l’opérant, fuit la colère de l’Académie et emporte loin de Paris une Bible qu’il a traduite en Français, malgré l’interdiction prononcée en 1526. En direction de la Suisse, il passe par le Jura, où son vieil ami fait un bien piètre homme de main du prélat local. Hans rechigne en effet à casser des genoux ou à brûler des pieds, comme l’y exhorte l’homme de Dieu… Accompagné du jeune Casper, Gauvin propose à Hans de les aider à passer le col Gabriel. Mais celui-ci, désormais confit dans le mauvais vin, n’est semble-t-il plus le même homme. Semble-t-il…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Par un petit texte introductif, Xavier Dorison plante le décor. La sortie du Moyen Âge est marquée par la lutte des papistes et des tenants de la Réforme, qu’on nommera Protestants, ou de manière péjorative Huguenots. Un combat dogmatique, bien sûr, mais aussi une lutte d’influence et de pouvoir. Avec la revendication de la traduction de la Bible en langues vernaculaires, locales, c’est tout le système de castes qui est remis en cause, qui fonctionnait sur une parole divine incompréhensible par le commun des mortels, illisible aussi, et portée par une poignée d’élus… C’est dans ce monde secoué par ces soubresauts religieux et sociaux que Xavier Dorison nous livre un couple vieux comme le monde. Celui du jeune idéaliste Casper, pour qui l’honneur est tout ce qu’il reste quand on n’a plus rien, et d’un autre côté, Hans (presque parfait homonyme d’un maître d’armes allemand contemporain, mort en 1490, Hans Talhoffer), un ancien puissant scrupuleux et plein de principes, mais revenu de tout, résigné. Ces deux-là vont évoluer au gré de la chasse que leur livrent à la fois les représentants de l’autorité religieuse établie, l’Académie, enfermée à la Sorbonne, qui a interdit toute traduction de la bible, représentée par le nouveau maître d’armes Maleztraza assoiffé de vengeance, mais aussi le nobliau local, Thimoléon de Vèdres, chef d’une petite congrégation placée sous le patronage de la vierge noire. Du coup, le scénar n’est pas cousu d’un fil qu’on avait pourtant bien cru voir blanc, mais le voilà tout gris, rouge souvent… C’est intelligent, c’est bien mené, c’est plein de rebondissements, mais on est désormais habitué avec Dorison, En plus, ça livre un message social et politique fort, ce qui n’est pas pour gâter la chose. En parlant de gâter, on est bien obligé de parler du dessin de Joël Parnotte, fin et précis. Son action est parfaitement lisible et découpée de manière très efficace. Les paysages jurasso-alpins sont magnifiques, majestueux et inquiétants. Les personnages sont expressifs en diable, si l’on peut dire sans risquer de terminer sur le bûcher, et la palette entière des cadrages y passe. Même le gros plan à l’italienne sur les yeux, façon Sergio Leone. C’est donc une magnifique réussite, belle, prenante et émouvante. N’en jetez plus, la coupe est pleine.

voir la fiche officielle ISBN 9782505063421