parution 18 mai 2016  éditeur Delcourt  collection Encrages
 Public ado / adulte  Thème Policier

Homicide, une année dans les rues de Baltimore T1

18 janvier - 4 février 1988

A la fin des années 80, Baltimore est une plaque tournante de la criminalité américaine. Une plongée au cœur de la brigade des homicides, dans l'une des villes les plus pauvres des États-Unis.


 Homicide, une année dans les rues de Baltimore T1 : 18 janvier - 4 février 1988 (0), bd chez Delcourt de Squarzoni
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Delcourt édition 2016

L'histoire :

18 janvier 1988, West Baltimore. Un black est retrouvé mort, une balle dans la tête. La police est sur place pour constater les dégâts. Le sergent Jay Landsman inspecte le corps. Il est formel, c’est du calibre 38. Tom Pellegrini, son inspecteur aux homicides dans son équipe, l’informe qu’un témoin a tout vu. C’est une voisine qui était là au moment des tirs. Elle aurait vu trois blacks à capuche, habillés en noir, qui se sont enfuis vers le nord. Mrs Thompson ne veut pas témoigner, de peur des représailles, sûrement. En fin de compte, c’est sûrement un règlement de comptes entre dealers, sans témoin prêt à coopérer, sans mobile connu, ni suspect. La mort de Rudoplh Michaely Newsome, né le 5 mars 1961, le journal du lendemain n’en parlera même pas… C’est le treizième homicide de l’année. 1988 s’annonce particulièrement riche en meurtres. Pellegrini n’a pas été accueilli avec des fleurs à son arrivée dans la brigade. Pas étonnant, car il vient des services de sécurité de la mairie. Tout le monde pensait qu’il ne tiendrait pas le coup et qu’il suffirait de 3 mois pour qu’il se révèle être un tocard. Et pourtant, il a élucidé toutes les affaires qui lui sont passées entre les doigts : l’affaire Green de la cité Lafayette Court, la fusillade de North Avenue…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

« À Baltimore, il y a une règle. Toute affaire qui ressemble à une tempête de merde, qui a le goût ou l’odeur d’une tempête de merde, va directement aux homicides » Avec cette phrase, le décor de cet album est planté. Là-bas, pour un flic, toutes les théories du monde ne valent rien s’il n’est pas capable de déchiffrer la rue. Il doit la sentir, l’apprivoiser pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d’un criminel, pour mieux traquer sa proie et la mettre derrière les barreaux. Un bon flic arrive à trier le bon grain de l’ivraie. Avec son intuition, il reconnaît les mensonges et les vérités. Philippe Squarzoni adapte le récit documentaire Homicide, A Year on the Killing Street de David Simon. David Simon est le créateur de la série TV à succès The wire (Sur écoute). En 1988, il a passé un an au sein de la brigade criminelle de Baltimore. Ce tome 1 d’Homicide raconte le quotidien des flics de cette ville du nord-est des États-Unis, pendant le début de l’année 1988 (18 janvier – 4 février 1988, plus précisément), bien loin de ce qu’en a fait Hollywood. Ici, on est dans le vrai, dans le vif du sujet, au milieu de la violence urbaine. Alternant voix off et dialogues, Squarzoni capte l’essence de ce quotidien des inspecteurs qui font leur job dans les quartiers déshérités. Dans son dessin à l’âme comics, il traduit la détresse humaine, la tension entre les dealers et les difficultés rencontrées par les policiers. La prédominance du noir et blanc aux nuances de gris renforce la noirceur de la ville, à peine rehaussée par le rouge sang et le jaune des bandes indiquant les scènes de crime. Un formidable travail de reconstitution qui ne manquera pas de captiver les amateurs de polar…

voir la fiche officielle ISBN 9782756042176

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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Ce qu'un autre en pense sur la planète BD :

Philippe Squarzoni est de retour et cet auteur rare est encore là où on ne l’attend pas. Cette fois, il décide d’adapter le roman de David Simon qui s’est immergé pendant un an dans la vie d’un commissariat à Baltimore. Qui aurait cru que Squarzoni, qui n’a cessé de dénoncer chaque rouage de la société, allait faire un album sur des flics ? S’intéressant à tous les gradés du commissariat, l’album est divisé en chapitres qui présentent le quotidien de ces policiers qui doivent résoudre tout un tas d’affaires violentes. Une voix off vient commenter cet étrange documentaire et elle imite les membres du lieu : on voit ainsi la vie de l’inspecteur puis du sergent et enfin du lieutenant de la brigade. Vous ne verrez pas de scènes rocambolesques ni de courses poursuites ou d’arrestations spectaculaires comme l’on peut en voir dans les séries télévisées. Ici, seule la vérité est de mise dans toute son horreur. La réalité est montrée de façon crue et sordide et le ton est souvent désabusé et laconique. Les policiers doivent constamment faire face à des actes de violence sans nom ou à des mensonges permanents. Une affaire en chasse une autre, machinalement. Beaucoup restent d’ailleurs en suspens, le temps d’investigations difficiles et complexes. Le métier n’a rien d’un film d’actions à la John Whoo et les inspecteurs sont loin d’être des héros à la Charles Bronson. On voit ainsi des scènes où les personnages doivent examiner de façon machinale des corps criblés de balles. L’ambiance est noire à souhait et les commentaires souvent plein d’ironie pour traduire le quotidien pénible des bureaux d’enquête. Ce documentaire froid et réaliste est parfaitement mis en images. Squarzoni mêle réalisme du dessin avec des visages expressifs et figures géométriques sans détails. Le jeu du gris et du noir et blanc renforcent cette impression poisseuse du récit. Pourtant, le tout est parfaitement mené et tout à fait prenant. Variant les scènes et les points de vue, ce documentaire est passionnant de bout en bout. Les détails sur le fonctionnement de la police sont également étonnamment précis et permettent d’avoir une vision d’ensemble nette et juste. Philippe Squarzoni se renouvelle mais touche encore par son talent.