parution 19 mars 2014  éditeur Delcourt  collection Histoire & Histoires
 Public ado / adulte  Thème Historique

L' Homme de l'année T6

1492 – L'homme grâce à qui on découvrit les Amériques

Et si le chemin maritime de l'Amérique avait été indiqué à Christophe Colomb par un navigateur qui avait fait l'aller-retour avant lui ? Une thèse astucieuse, au service d'une peinture d'époque réussie...


L'Homme de l'année T6 : 1492 – L'homme grâce à qui on découvrit les Amériques (0), bd chez Delcourt de Ceka, Tandiang
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Delcourt édition 2014

L'histoire :

Le 12 octobre 1492, quelques heures avant que les 3 caravelles emmenées par Christophe Colomb touchent le continent américain, ses marins sont au bord de la mutinerie. L'issue du voyage est trop incertaine et les conditions météo durablement médiocres les confortent dans l'idée que le mauvais oeil est sur eux. En détruisant la parois d'une cale, ils découvrent stupéfaits deux cercueils. Ils imputent leur sort à la présence de ces maudits machabés à bord, qu'ils décident aussitôt de fiche à la baille. Neuf ans plus tôt, dans une taverne de Madère, Colomb cherche à convaincre des marins de s'engager à ses côtés pour une expédition culottée : aller aux Indes en passant par une route maritime inverse, par l'Océan Atlantique. La route terrestre étant « compliquée » et la Terre étant ronde, cette voie inédite vers cet Eldorado commercial lui semble une bonne logique. Il est alors sujet à diverses moqueries, que son compagnon Miguel, savant et guérisseur, ne parvient pas à endiguer. Pourtant, quelques temps plus tard, un individu toque nuitamment à la porte de Miguel. C'est Salvador, un marin disparu depuis plusieurs années, avec le reste de son équipage, au large des côtes africaines. Salvador raconte à son ami son naufrage, sa survie en solitaire, sa dérive... Il entretient toutefois le mystère sur ses années d'absences. Il explique surtout que s'il est aujourd'hui revenu accoster discrètement au Portugal, c'est parce que lui et sa compagne Enoa – une jeune femme qui patiente discrètement sur la plage – ont besoin de soins : ils sont tous deux atteints par une maladie inconnue. Miguel accepte bien entendu de les aider. Mais lorsque les deux hommes reviennent chercher Enoa sur la plage, les gardes-côtes l'ont trouvée et emprisonnée en raison de son apparence insolite : c'est une peau-rouge...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

La postérité et les livres d'Histoire attribuent officiellement la découverte de l'Amérique à Christophe Colomb. Pour satisfaire au concept de L'homme de l'année, le scénariste Céka adjoint au célèbre explorateur un guide, un marin prénommé Salvadore. Selon cette théorie fictive, un naufrage aurait amené cet explorateur malgré-lui à accoster accidentellement sur les côtes américaines, où il aurait vécu quelques années avant de revenir soigner un mal inconnu en Europe. Cela reste plausible, si l'on considère que les circonstances météo permettent à un radeau ou à un catamaran de franchir a minima 3000 km d'Océan dans des délais raisonnables de survie (par comparaison, les puissantes caravelles de Colomb ont mis plus de 5 semaines à traverser l'Atlantique). En dépit de cela, la structure de ce récit est habile parce qu'elle permet d'évoquer de nombreux aspects de cette époque de grandes découvertes. En marge de convaincre les puissants pour financer les expéditions, il fallait en effet que l'ancien monde se confronte aux « trouvailles » (la nouvelle maladie, l'ethnie inconnue...), que les hommes aient des motivations psychologiques (comment faire pour que les marins acceptent de se lancer vers l'inconnu ?), sans oublier les éventuelles considérations humanistes d'avant-garde (la volonté de préserver le « paradis vert » de la folie sanguinaire des conquistadores). On regrettera juste peut-être que l'aventure maritime avec un grand A n'apparaisse que par bribes (flashbacks, flashfowards et épilogue), la majorité de l'album se passant à terre, en préparatifs, questionnements et palabres. On regrette aussi qu'au travers son style dynamique de dessin, Patrick Tandiang n'ait pas différencié plus clairement les protagonistes. Selon les angles, les éclairages et les traitements graphiques, Colomb ressemble en effet souvent à Salvadore (ex : page.42). Ce détail (d'importance) mis à part, l'immersion dans l'époque est réussie et la transcription du décorum soignée (les caravelles, les ruelles de Madère).

voir la fiche officielle ISBN 9782756035383