parution 06 avril 2012  éditeur Dupuis  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Sentimental

L' Extravagante comédie du quotidien T4

Le dernier homme

Jean-Pierre, célibataire, se donne les moyens de rencontrer l’âme-sœur. Mais la femme se ses rêves serait-elle un fantasme ? Dernier volet d’une trilogie sentimentale moderne d’une pertinence rare.


L'Extravagante comédie du quotidien T4 : Le dernier homme (0), bd chez Dupuis de Mardon
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Dupuis édition 2012

L'histoire :

C’est la grosse fiesta costumée. Cyril (en pirate) et Natacha (en gitane) s’éclatent comme des malades sur la piste de danse, tandis que Jean-Pierre (déguisé en lapin minable) se morfond au bar. Certes, il repère cette femme aux formes pulpeuses, qui a osé le bikini sous une cape de batwoman… Il se décide finalement à l’aborder dehors, au moment où elle s’en va. Mais lorsque le taxi passe la prendre, malgré la perche tendue pour monter avec elle, il se dégonfle et la laisse partir. Comme un gros couillon ! De retour chez lui, seul, il est donc toujours célibataire et retrouve ses fantasmes routiniers et son train-train parisien. Après tout, Paris est une ville magique et vaste, où tout est possible. Autant en profiter. Il se permet donc de pimenter son quotidien et de s’offrir un max d’opportunités sans prendre de grands risques : il glisse des dizaines de cartes avec un petit mot manuscrit dans les poches des vestes ou les sacs-à-main des jeunes femmes sexys. Dessus, il explique carrément qu’il n’a pas osé les aborder, mais qu’elles peuvent le contacter sur son numéro de portable. Puis il attend la récolte de messages sur son téléphone…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Les sentiments humains : on a en déjà écrit des pelletés et pourtant, on a toujours beaucoup de chose à en dire. Avec ce Dernier homme, qui malgré son titre n’a rien à voir avec le registre du thriller post-apocalyptique, Gregory Mardon focalise sur Jean-Pierre, l’un des personnages récurrents, l’indécrottable célibataire trop discret de son Extravagante comédie du quotidien. Ainsi, il boucle la boucle d’une trilogie sociale et sentimentale d’une fulgurante authenticité. Notons que la « série » compte un premier one-shot, totalement indépendant : Leçon de chose… mettant déjà en scène Jean-Pierre enfant. Notons également que Jean-Pierre et sa relation complexe avec les femmes (plantureuses) a également déjà été largement décortiqué dans Corps à corps et Incognito, deux précédents one-shots. Ici encore, malgré un trait de dessin simple et moderne, la mise en scène de Mardon est d’une grande justesse, jouant astucieusement d’une « narration visuelle » qui n’a pas besoin de dialogues pour être éloquente. Quelques séquences purement oniriques (la femme King-Kong) permettent de renforcer le rôle du fantasme dans nos comportements. Et une fois l’ouvrage refermé, on se réjouit une nouvelle fois de la cohérence ultime de l’ensemble. Car ici, on comprend pourquoi Fabrice rentre au milieu de la nuit avec la tronche en sang dans Les poils ; on raccroche aussi le cliffhanger sadique de C’est comment qu’on freine… Cependant, le destin de Jean-Pierre – et plus globalement la conduite de cet animal curieux que représente le « célibataire urbain » – demeure tout de même le sujet principal de ce troisième et dernier volet de la trilogie. Une œuvre d’une rare cohérence, d’une belle modernité, d’une grande clairvoyance humaine, sans se départir de beaucoup d’humour…

voir la fiche officielle ISBN 9782800152738