parution 09 janvier 2009  éditeur Dupuis  collection Repérages
 Public ado / adulte  Thème Chronique sociale

Mister Hollywood T1

Boulevard des illusions

Farci de tares psychologiques, le jeune Orson Wells (un homonyme de l'autre) débarque à Hollywood pour faire carrière en tant que scénariste. Mise en bouche séduisante d'une succes-story au long cours...


 Mister Hollywood T1 : Boulevard des illusions (0), bd chez Dupuis de Gihef, Lenaerts, Cerise
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Dupuis édition 2009

L'histoire :

Quand il débarque à l’aéroport d’Hollywood, le jeune Orson Wells (ça se prononce comme le célèbre cinéaste, mais ça s’écrit avec un E en moins) a la ferme intention de faire son trou dans le milieu du cinéma, en tant que scénariste. Suite à un travail d’étude culotté (La liste de Schindler 2 !), il a en poche une lettre de recommandation de l’un de ses professeur, adressée à Julian Katzberg, producteur aux studios Mountain pictures. Il est accueilli à l’aéroport par un gros employé extrêmement volubile… L’incontinence verbale de ce dernier oblige même Orson à demander une pause-pipi, afin qu’il reprenne sa maîtrise. Car en plus d’être asthmatique et d’avoir des crises d’angoisse régulières, Orson a d’innombrables phobies (la saleté, la poussière, les ascendeurs, les poulets…). Les anxiolytiques et les séances de psy sont son lot quotidien depuis des années. Enfin dans le bureau du suffisant Katsberg, Orson bafouille deux-trois mots au sujet d’un projet de scénario, se fait immédiatement rembarrer et se retrouve engagé au service courrier du studio. C’est mieux que rien. Il y voit surtout un moyen de s’installer dans la place, en attendant de trouver une faille pour proposer un scénario plus « vendeur »…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Voilà la naissance d’une série fraîche et originale, puisque le créneau de ce nouveau venu dans le paysage du 9e art, est l’écriture de scénarii pour le 7e art. Contrairement à Tony Corso, auquel la chemise hawaïenne en couverture l’assimile une demie seconde, il n’est guère sûr de lui et embrasse un nombre de phobies et de tares psychologiques qui le placent à l’opposé totale du héros ordinaire. C’est assez habile : cette vulnérabilité le rend très humain et favorise l’indispensable assimilation au héros (en tant que lecteurs, on en connaît tous au moins un comme ça dans notre entourage…). Pour l’occasion, Gihef, qu’on a apprécié au dessin d’Enchaînés et de Haute sécurité, dévoile de jolies prédispositions en tant que scénariste et un véritable talent de dialoguiste. Passionnante, la construction de son récit évite soigneusement les sentiers battus, quand bien même ce tome d’exposition emprunte la forme narrative classique du parcours initiatique. Dès la première planche, le bien nommé Orson Wells débarque en effet définitivement sur le territoire qu’il a décidé de conquérir : Hollywood. Puis, persévérant avec une dose de courage et un brin de chance, sa carrière s’échafaude jusqu’à rencontrer un premier succès et une pure tragédie. Plus d’un lecteur sera happé par cette success-story tourmentée, délivrée avec brio. Autre atout essentiel : Gihef s’appuie sur une solide culture du cinéma américain (il y a même un glossaire en fin d’album, pour épater la galerie au Trivial Pursuit®). Œuvre de passionné ou gros boulot de documentation ? Au dessin, Eric Lenaerts (la Fugitive, les Romantiques) suit la voie réaliste élégante tracée par Philippe Berthet (Pin-up), montrant un rendu esthétique bien abouti, même si on devine une petite marge de progression sur la régularité des personnages. Une première bonne surprise, pour bien commencer l’année 2009 !

voir la fiche officielle ISBN 9782800143378