parution 01 octobre 2007  éditeur Dupuis  collection Aire libre
 Public ado / adulte  Thème Historique, Guerre

Zoo T3

Engagé comme médecin sur le front des tranchées, le docteur Célestin manque à l'appel. Alors que son zoo part à vau-l'eau, Anna part le retrouver. Conclusion magistrale d'une splendide trilogie humaniste.


 Zoo T3, bd chez Dupuis de Bonifay, Frank
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Dupuis édition 2007

L'histoire :

Au fil des années, à force d’un travail aussi passionné que dévoué, le docteur Célestin a créé un véritable zoo dans le vaste parc de son manoir normand. Phacochères, ours, panthères et antilopes vivent et se reproduisent dans d’excellentes conditions, bénéficiant des bons soins prodigués par une petite équipe soudée. A la tête de ce petit paradis animalier, la sauvage et sensuelle Manon, fille adoptive de Célestin, ne vit que pour ses animaux, qui l’ont vue grandir. Se promener aux côtés de la panthère ou dormir nichée dans le pelage de l’ours ne lui pose en effet aucun problème. L’autre amour de Marion, c’est Buggy, un sculpteur talentueux qui fait depuis longtemps partie de la famille. De temps en temps, Buggy vend une de ses œuvres pour financer les installations. Depuis quelques mois, Anna a également rejoint le zoo. Cette jeune femme d’origine sibérienne endure en permanence un bandeau en travers du visage, car elle a eu jadis le nez arraché à coups de crosses par un compatriote. La première guerre mondiale vient alors perturber la vie idyllique de cette petite communauté. Médecin de profession, Célestin ne résiste pas à ses convictions humanistes : il part au front pour soigner les blessés. C’est un déchirement pour tous, mais surtout pour Manon. Dans les semaines qui suivent, l’entretien du zoo laisse à désirer. Plus personne n’a le cœur à ça. L’absence de Célestin est vécue comme un cataclysme. Puis le maire et le curé viennent annoncer que Célestin était absent au dernier appel du soir. Anna ne peut se résoudre à rester dans l’ignorance. Débordante de courage, elle part le chercher, bravant les lignes ennemies, dans la boue des tranchées…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Il aura fallu attendre 8 ans pour voir enfin paraître sur nos étals le dernier volet de cette somptueuse trilogie humaniste. Le dessinateur Frank (Pé), fort peu prolifique, privilégie visiblement la qualité à la quantité, pour le grand plaisir des lecteurs. Cet ultime volet met moins les animaux à l’honneur que sur les deux premiers tomes (suite à une tempête et à un amaigrissement des subsides, le zoo part en ruines). Au regard de l’œuvre globale, Frank impose néanmoins une véritable verve animalière, digne d’Hausmann (ou plus récemment d’Hermann : cf. Afrika !). Il insuffle à nouveau une exquise atmosphère feutrée, valorisée par moult non-dits et un impact visuel éloquent. Les expressions des personnages nous parlent, la profondeur des décors et panorama nous étourdissent. Dans une continuité esthétique parfaitement cohérente, son minutieux et talentueux coup de crayon est rehaussé par des teintes chaudes sanguines et sépia… puis, tandis que l’horreur de la guerre prend de l’importance, aux tonalités éteintes, froides, sombres, en quasi-noir et blanc. C’est habile et d’une efficacité redoutable. La longue séquence muette qui voit Anna évoluer dans les tranchées, au prix de tous les dangers, mue par une volonté incommensurable, restera longtemps gravée dans les mémoires. Les histoires de guerre sont souvent poignantes, mais en matière de dramaturgie, celle-ci tient le haut du pavé. Cette émotion est également due aux textes et dialogues, poétiques et ciselés, de Philippe Bonifay, dont le propos prend tout son sens avec cette conclusion.