parution 18 septembre 2013  éditeur Fluide Glacial  Public ado / adulte  Thème Humour, Horreur, Policier

A qui le tour ?

Un florilège de petits meurtres sordides, motivés par des desseins abjects et retors. Un sommet d’humour sardonique façon Lindingre…


A qui le tour ?, bd chez Fluide Glacial de Lindingre, Chauzy
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Fluide Glacial édition 2013

L'histoire :

Post mortem nihil est : A la demande d’un homme mourant, un notaire se rend à son chevet pour une modification testamentaire. Le malade souhaite en effet léguer tous ses biens à son frère et à sa famille, plutôt qu’à la SPA qui en était jusqu’alors légataire. Mais en faisant tomber une feuille de son dossier, le notaire s’aperçoit qu’il y a un cadavre frais sous le lit : le mourant qui se trouve au-dessus n’est peut-être pas en si mauvaise santé que ça…
L’amour est plus fort que la mort : Devant un pastis, deux frères se disputent la garde du troisième, un débile profond. L’idée est de pouvoir le loger un maximum de temps chez eux, afin de percevoir la pension mensuelle qu’il occasionne. Devant le refus obstiné de l’un, l’autre frère drogue son pastis à son insu avec un somnifère. Puis, profitant de son lourd sommeil, il lui remplit l’estomac de mort-aux-rats…
La vie moins chère : Sous un pont, deux clochards devisent sur le prix qu’ils sont chacun capables de fixer pour tuer quelqu’un. L’un montre à l’autre un billet de 10 euros et annonce que pour une telle somme, il pourrait tuer son meilleur copain. Cela donne des idées à l’autre…
People village : Deux homosexuels quinquagénaires viennent de faire l’amour dans leur caravane. Dans la cahute attenante, leurs deux rejetons s’injurient mutuellement en beuglant comme des demeurés. Ils sont tellement pénibles que l’un des deux homos décide d’aller « mettre tout le monde d’accord »…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Dans la préface, Pierre Bellemare, spécialiste des histoires épouvantables mais vraies, stipule que dans les sordides affaires de mœurs ou de tueries, la fiction dépasse souvent la réalité. C’est à ce petit jeu que s’est livré le scénariste Yann Lindingre avec A qui le tour ?, un recueil d’histoires courtes, macabres, ignominieuses et totalement imaginées. Elles stigmatisent tantôt le racisme exacerbé (le commando des KKK), tantôt la ruralité crasse (le fermier qui se tape sa trayeuse), tantôt la bêtise pure (les homos ferrailleurs), tantôt la concupiscence aveugle (on tue pour hériter, ou du moins profiter…). Ici, l’horreur ne nait pas tant à travers la mort violente de protagonistes, que par le cheminement intellectuel extravagant de leurs meurtriers. Exemples : untel tue son frère pour obtenir la pension qui va avec la garde de son autre frère… ; ou autre exemple : parce qu’elle est enceinte, un curé tue l’adolescente qu’il tringle, sans ignorer qu’il s’agit de sa fille. Voyez le genre ? Les chutes ne cherchent pas à être explicitement comiques, mais elles feront assurément rire jaune (en grinçant) les lecteurs qui apprécient l’humour cruel et sardonique (gnnnin hin hin). Pré-publiées dans le mensuel Fluide Glacial, ces 13 historiettes sont un véritable florilège de haines viscérales bas-du-front, de petits meurtres en familles, d’inspirations meurtrières débilissantes. Ce bel élan de caricatures politiquement incorrectes, dont Lindingre est devenu le chantre, est pertinemment souligné par le dessin semi-réaliste et expert de Jean-Christophe Chauzy, rehaussé d’une colorisation couleur au lavis.